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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

Bilan Estelle

 Beaucoup, beaucoup, beaucoup…. D’images, de souvenirs, de sensations, de rencontres, d’expériences……

 

Difficile de résumer 6 mois d’aventures. J’ai raconté notre périple au mieux dans les nombreux carnets de route, mais il est impossible de retranscrire tout ce que nous avons vécu. Une seule solution et recommandation pour y remédier : Essayer ! Voyager ! Se lancer !

 

Ce voyage, j’en avais besoin, au plus profond de moi. Il me fallait une période différente dans ma vie, un moment à moi, une expérience hors du commun. L’année 2053 figure sur mon contrat LPP, année à laquelle je devrais atteindre la retraite. Cette date me terrifie, je veux bouger, je veux découvrir, je veux voyager avant d’atteindre ce futur lointain et plus qu’incertain.

 

Une fois cette idée en tête, rien ne pouvait plus m’arrêter. Il m’aura fallu 18 mois de préparation avant d’atteindre mon objectif : faire autre chose que bosser 40 heures par semaine !

 

Ce voyage m’a beaucoup appris. A attendre, par exemple. L’Amérique du Sud fonctionne à un rythme différent, tout n’est pas et ne doit pas, être immédiat. J’ai attendu et cela m’a fait du bien. J’ai également appris à trouver des plans B, C voir parfois D. Nos motos nous ont forcés à nous adapter, à penser différemment, à nous renouveler. Adrien a été d’une grande aide, que ce soit en mécanique, en orientation ou en soutien émotionnel. Devenu expert en utilisation du scotch, il nous a sorti de nombreuses galères. Il a été d’une aide précieuse lors des baisses de moral. Il a également passé de nombreuses heures à recopier ma liste de points d’intérêts dans le GPS. Ce dernier a essayé de nous faire tourner en bourrique mais Adrien a toujours su contrecarrer ses plans.

 

Libérée de mon rythme habituel, j’ai appris à profiter du moment présent. Lors de nos précédents voyages, j’étais systématiquement dans l’expectative, à anticiper la prochaine destination. Cette fois-ci, nous avions le temps. Beaucoup de temps. J’ai réussi à apprécier chaque instant, de bonheur ou de galère, sans penser à la suite en permanence.

 

Autre fait plus étonnant, l’éloignement géographique m’a permis de resserrer les liens avec mes proches. En envoyant de nos nouvelles, je me suis rapprochée de ma sœur et de mes parents. Les échanges ont été plus intenses que lors de nos discussions en Suisse. La séparation a décuplés les sentiments.

 

Moi qui pensais être un cas unique, une exception qui voulait sortir de son quotidien, j’ai été surprise par la quantité de voyageurs rencontrés lors de ce voyage. A n’importe quel âge et par tous les moyens de locomotions, ils sont nombreux à vouloir découvrir, voyager et vivre autrement pour une période plus ou moins définie. Tout n’est pas question d’argent mais bien de volonté.

 

Malgré quelques galères et de trop nombreux problèmes mécaniques, nous avons été chanceux. Une météo presque parfaite durant 6 mois, pas de blessure grave, aucun regret. Notre rythme moyen de 150 km par jour nous a permis de nous adapter en cas de pépins, sans qu’aucun lieu à visiter ne soit affecté. Au final, et parfois grâce aux pannes de nos GS, nous avons découvert encore plus que prévu. Nous avons profité à fond de chaque pays et de chaque piste parcourue.

 

Si je ne devais garder qu’un instant, ce serait la sensation que m’a procuré le Salar d’Uyuni. Je voulais me sentir libre, j’étais à l’endroit parfait ! Des dizaines de kilomètres de pur espace s’étendaient autour de moi, alors que je fonçais au guidon de ma GS, sans destination précise. Aucune route, aucune piste, aucune direction à suivre. La liberté, la vraie, celle qui m’a fait me sentir vivante !

 

J’en ai parfois bavé, mais j’ai voyagé, j’ai découvert, j’ai ressenti, j’y suis parvenue et j’en suis fière.

 

Estelle