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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

Derniers jours, derniers kilomètres

Lundi 16 janvier 2017, nous quittons le SuizAndina Lodge en direction de Curacautin. Nous y faisons le plein et y achetons du pain. Nous suivons une route puis une piste jusqu’au parc national Nahuelbuta. Nous présentons notre pass à l’entrée et plantons notre tente au bord d’une petite rivière. Après diner, nous partons nous balader au bord de la laguna Malleco. Nous parcourons un chemin aménagé puis des pontons en bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous suivons ensuite un autre sentier jusqu’à la cascade Salto Malleco.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’eau tombe sur près de 49 mètres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous faisons quelques photos puis nous retournons au camping. Attiré par la rivière toute proche, nous passons presque 2h à jouer comme des gamins. Création d’un barrage, déviation du cours d’eau, ouverture de nouveaux ruisseaux…..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous soupons et passons une nuit tranquille.

 

Le lendemain, nous partons pour une marche de 8 km jusqu’aux lagunillas (petites lagunes). Nous suivons un sentier en montée dans une forêt, la pente est raide. Après 2 km, nous rejoignons une route carrossable et un mirador.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le panneau indique désormais 9 km jusqu’à destination. Bizarre, il ne devrait pourtant en rester que 6. Nous suivons la route forestière en montée puis le relief s’aplanit près de la crête. Le plan fournit par le guardaparque est faux, notre itinéraire vient bel et bien de s’allonger de 6 km aller-retour. Nous pestons mais continuons. Nous atteignons un second mirador et profitons de la vue sur le volcan Tolhuaca.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons à suivre l’ennuyeuse route forestière au sein d’une forêt d’araucarias.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 11 km de marche, nous atteignons enfin les 3 petites lagunes. La vue est jolie, mais ne valait pas la pénible marche sur la route. Nous aurions pu y venir à moto.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 11 longs kilomètres supplémentaires et une rencontre avec un reptile, nous atteignons le camping, un peu déçus. Une grande distance sur une route ennuyeuse pour un résultat pas génial.

 

Le mercredi, nous traversons le parc national puis nous atteignons une route goudronnée et enfin l’autoroute Ruta 5. Elle n’est pas payante sur ce tronçon. Nous y croisons un joggeur, deux cyclistes et même une moissonneuse-batteuse, alors que la vitesse est limitée à 120 km/h. Nous ne sommes presque pas étonnés, nous avions déjà rencontré pareilles folies près de Santiago….. avec des cavaliers en prime ! Les autoroutes chiliennes sont bizarres…. On peut même y faire ses courses. Il suffit de parquer son véhicule sur la bande d’arrêt d’urgence et de se rendre dans une petite échoppe placée dans l’herbe. On y vent du fromage frais, des fruits, des légumes ou des empanadas. Bizarre et surtout très dangereux.

 

Nous quittons l’autoroute à Collipulli puis nous rejoignons Angol. Un arrêt au supermarché puis nous suivons une piste étroite et sinueuse jusqu’au parc national Nahuelbuta. A l’entrée, le guardaparque nous informe que notre pass annuel n’est plus valable. Il prétend qu’il a reçu un mail en novembre annulant la validité des pass. Nous ne nous laissons pas avoir et lui expliquons que le pass a très bien fonctionné dans tous les autres parcs depuis novembre. Comme il est incapable de nous montrer le mail en question, Adrien en rajoute une couche et lui prouve que notre pass est encore valide jusqu’en juillet. Nous n'allons pas débourser un seul peso pour entrer dans le parc. A cours d’argument, le guardaparque nous laisse passer après nous avoir facturé 12'000 pesos pour la nuit de camping.

Nous plantons notre tente puis Adrien vérifie la GS d’Estelle. Après quelques caprices récemment (ne démarre pas du premier coup), il tente de trouver le problème. La tension de la batterie est en ordre, idem pour le régulateur et l’alternateur. Il en profite pour nettoyer le filtre à air puis nous partons à la découverte d’un sentier didactique. La majorité des panneaux explicatifs sont en ruine, nous nous contentons donc d’admirer les différentes espèces d’arbres. Pas de douche aujourd’hui, quelqu’un a volé la pile du chauffe-eau (et aucun guardaparque ne semble en mesure d’en mettre une nouvelle). Nous passons une mauvaise nuit, les chiliens installés à côté ont braillé jusqu’à très tard.

 

Le lendemain, nous nous levons à 8h30, nos voisins dorment profondément. Les Chiliens possèdent un rythme de vie spécial. Ils soupent vers 21-22h, se couchent vers 2h du matin et dorment jusqu’à 9h passées. Nous trouvons cela bizarre, à ce rythme, ils ne profitent pas du soleil entre 6h et 10h et vivent alors qu’il fait nuit noire après 21h.

Nous déjeunons puis nous partons pour une marche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous suivons un sentier dans une forêt d’araucarias et rencontrons un très vieux spécimen éventré (mais bien vivant).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsqu’ils sont jeunes, leur tronc est recouvert d’épines. Avec le temps, ils perdent leur protection et forment d’énormes plaques d’écorces.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 1h30 de marche (le panneau indiquait 1h45, bêtes de compèt !), nous atteignons le mirador Piedra del Aguila (rocher de l’aigle).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vue à 360° est incroyable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous pouvons observer de nombreux volcans (dont le Lllaima et le Villarrica) en regardant en direction des Andes et, à l’opposé, nous bénéficions d’une vue sur le Pacifique et la côte. Nous pouvons observer le Chili dans toute sa largeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignons ensuite le parking tout proche et suivons la piste puis un sentier durant environ 1 km pour atteindre la maison de pierre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet abri naturel était utilisé par les peuples indigènes. Nous faisons demi-tour et pique-niquons à proximité du mirador.

Nous repartons en direction du camping via un autre sentier. Alors que nous marchons, Estelle aperçoit un mouvement près de son pied droit. Une mygale !! Elle hurle de terreur et part en courant. Beurk, dégueulasse, horrible. Elle attendra à très bonne distance qu’Adrien finisse d’observer la bête. Et info pour les curieux : NON, pas de photo de la chose sur le site. Si cela vous intéresse, envoyez un mail privé à Adrien, il vous transmettra la photo (qui est d’ailleurs enregistrée dans un dossier spécial séparément de nos photos de voyage). Bref, Estelle a détesté, Adrien était content de voir un si gros spécimen en pleine nature.

 

Nous continuons notre marche (Estelle ne regarde plus où elle pose les pieds) et rejoignons le camping. Nous avons besoin d’une douche, Adrien part donc inspecter les sanitaires. Une nouvelle pile est installée (à l’envers, il la remet dans le bon sens), nous pouvons donc profiter de l’eau chaude. Alors qu’il est savonné, le débit d’eau diminue et seule l’eau froide s’écoule. Il se rince rapidement puis questionne des employés qui passent par là. Il y a un problème avec l’arrivée d’eau, mais ils ne savent pas où. Estelle ne pourra pas se doucher aujourd’hui, personne ne parvenant à régler le problème. En même temps, ils ne sont même pas fichus de placer une pile dans le bon sens, on se demande comment ils arriveraient à réparer une arrivée d’eau……

 

Le vendredi, nous nous levons à 7h30 et quittons le camping à 9h. Il n’y a personne à l’entrée du parc, nous partons sans avoir payé notre deuxième nuit de camping. Entre le guardaparque qui invente de nouvelles règles sur le pass annuel, les problèmes de pile, d’eau chaude et les panneaux didactiques en miettes, nous n’estimons pas nécessaire d’être réglo….

 

Après 1h de trajet sur une piste étroite et sinueuse, nous atteignons le goudron et la ville de Cañete. Nous y faisons le plein puis nous rejoignons la ville côtière de Lota. Nous arrivons à 11h32 à la mine Chiflon Del Diablo (sifflet du diable). La prochaine visite part à 11h30. Tout le monde s’active, nous entassons nos affaires à la réception, enlevons une partie de notre équipement puis deux mineurs nous équipent de casques, de lampes et d’une batterie autour de la taille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous marchons très rapidement jusqu’à un minuscule ascenseur hors d’âge et descendons tous les deux de 50 mètres au sein de la mine de charbon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous y retrouvons un groupe de visiteurs et le guide. Nous voilà, la visite peut débuter ! Le guide est un ancien mineur qui a travaillé durant 27 ans dans les galeries souterraines (la mine a fermé en 1997). Il sait exactement de quoi il parle et nous offre une visite poignante et émouvante. Nous découvrons tout d’abord un antique téléphone magnétique. Il est blindé pour supporter les explosions de dynamite et permettait de communiquer avec la surface. Nous parcourons ensuite quelques galeries, le charbon abonde, les murs sont noirs et brillants. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous cognons la tête à de très nombreuses reprises, le plafond est très bas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fait rare, la mine est située sous la mer. Nous écoutons les nombreuses explications du guide concernant le travail au sein de la mine. Quelques histoires contées par le mineur :

  • Lors des explosions de dynamite, les mineurs se cachaient tant bien que mal derrières les poteaux de bois soutenant la galerie et en ressortaient couverts d’hématomes. Ils plaçaient leurs gants devant leur visage pour filtrer la poussière et parvenir à respirer alors que des pierres et des morceaux de charbons volaient dans tous les sens.
  • Chaque jour, entre 1 et 5 mineurs étaient blessés. La mine était en activé 24h sur 24, 1’500 personnes y travaillaient en même temps.
  • La mine est auto-ventilée et des enfants étaient employés (exploités) pour ouvrir ou fermer de lourdes portes permettant d’aérer les galeries en travaux.
  • Des poneys étaient utilisés pour tirer des wagonnets de charbon.

Pour chaque histoire, le guide mime les gestes qu’il a effectués inlassablement. Il ajoute de nombreux détails et anecdotes personnelles. Son récit est très touchant. Plus loin, il nous propose d’éteindre nos lumières et nous met au défi de voir nos mains. Placés en rang de part et d’autre de la galerie, nous nous retrouvons dans le noir complet. Impressionnant ! Quelques secondes plus tard, le guide rallume sa lampe à l’opposé de sa position initiale. Il a parcouru la galerie dans le noir sans que personne ne s’en rende compte ! Nous sommes stupéfaits !

Nous reprenons notre balade sous la mer et découvrons de nouvelles galeries, le charbon est présent partout. Par endroit, le plafond est si bas que nous devons avancer accroupis.

Après 45 minutes passées sous terre, nous atteignons un long escalier permettant de rejoindre la surface. Alors que le groupe grimpe en direction de la lumière, le guide propose à Estelle d’essayer un téléphone magnétique. Il tourne une manivelle puis crie dans le combiné. Il le passe ensuite à Estelle qui entend un mineur en surface lui répondre. Ce téléphone date de la seconde guerre mondiale et il fonctionne encore parfaitement !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous gravissons l’escalier ultra raide en écoutant les histoires vécues par le guide.

A l’extérieur, la visite se poursuit dans un village de mineurs reconstitué. A nouveau, le guide nous conte son histoire personnelle et son enfance avec ses 15 frères et sœurs. Chaque famille de mineur était logée dans une baraque de deux pièces sans eau courante ni électricité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutes les deux semaines, la paie était versée sous forme de bons d’achat, utilisables dans un seul magasin. Ce système esclavagiste empêchait les mineurs d’économiser de l’argent et les gardait prisonnier de la mine.

Nous apprenons énormément grâce à son récit. Nous repartons très contents, le prix de la visite est correct et le témoignage apporté plus que réaliste !

 

Nous reprenons la route en direction du Nord puis nous quittons l’autoroute pour nous enfoncer de quelques kilomètres dans une forêt. Nous trouvons un coin d’ombre (il fait 34°C) à proximité d’une ferme mais un énorme chien affamé nous empêche de profiter de notre pic-nic. Nous roulons un kilomètre supplémentaire et mangeons.

Nous retournons ensuite sur l’autoroute en direction de Concepcion. A 5 km au Sud de la ville, Adrien entend un bruit bizarre en provenance de sa roue arrière. Nous nous arrêtons sur le trottoir au bord d’une artère ultra fréquentée. Il y a 6 voies et le trafic est dense. Après inspection, il découvre que son roulement arrière vient de lâcher. Purée de Bor*** de Mer** !!! Ces motos vont définitivement nous faire chi*** jusqu’à la fin !!

 

Nous chargeons sa roue arrière sur la moto d’Estelle et demandons au propriétaire de la maison toute proche si nous pouvons déposer nos affaires dans son jardin grillagé. Il accepte. Alors qu’Adrien s’apprête à partir à la recherche d’un garage, un motard en Yamaha s’arrête et nous propose son aide. Ni une ni deux, il téléphone à un ami, se renseigne puis indique à Adrien qu’il l’emmène dans un garage. Pendant qu’Estelle surveille la moto, ils partent pour Concepcion. Wladimir (le pilote Yamaha) emmène Adrien dans un magasin spécialisé dans les roulements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir acheté les pièces nécessaires, ils repartent en direction d’un garage moto. Le mécano cesse son travail et s’occupe directement de la roue d’Adrien. Au final, il nous aura fallu 30 minutes pour dénicher la cause du problème, 1h pour acheter les roulements et réparer puis 30 autres minutes pour remonter la roue et recharger les motos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Incroyable !! Grâce à Wladimir, nous avons pu effectuer la réparation en un temps record ! Génial !

 

Nous traversons Concepcion et suivons une route côtière jusqu’à Cobquecura. Nous y faisons le plein puis nous parcourons 13 km supplémentaires pour atteindre Buchupureo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après beaucoup de nuits de camping et une journée très bien remplie, nous nous offrons le luxe d’un hôtel et prenons une chambre à l’hôtel Los Maquis. Une bonne douche chaude puis nous marchons jusqu’au village et dégustons un énorme hamburger et une délicieuse limonade à la menthe.

 

Le 21 janvier, l’électricité est coupée dans tous le village. Pas d’électricité, pas d’eau courante. Le propriétaire s’active pour démarrer une énorme génératrice et nous pouvons profiter d’un excellent déjeuner à 10h. Nous partons à la mi-journée et suivons la route côtière en direction du Nord. Nous bifurquons ensuite pour nous enfoncer dans les terres, la chaleur est intense, il fait à nouveau 34°C.

 

De très nombreux feux de forêt ravagent actuellement le pays, des colonnes de fumée gigantesques apparaissent à l’horizon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous arrêtons dans un petit village, faisons quelques courses et mangeons une glace. Plus loin, un autre incendie emplit le ciel de cendres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après un arrêt à la station essence, la moto d’Estelle ne démarre plus. La clé n’active plus rien, tout est éteint. Nous nous énervons à nouveau contre la marque allemande. Nous poussons la moto sous un arbre et sortons les outils. Nous dévissons le cache de la batterie et vérifions la tension. Tout est parfaitement normal. Nous essayons à nouveau de démarrer et cela fonctionne. Mais c’est quoi ce binz ? Nous n’avons rien modifié et elle fonctionne à nouveau !?!

 

Nous sommes à environ 400 km de Valparaiso, nous hésitons sérieusement à nous y rendre avec 5 jours d’avance tant nous craignons que nos motos ne tiennent pas la distance. Après réflexion, nous décidons de suivre notre itinéraire initial et nous roulons jusqu’au parc national Altos de Lircay. A 5 km de l’entrée, nous croisons deux motards américains. Ils nous informent que le parc est fermé, le portail est clos et il n’y a personne. Etonnant. Nous ré-ajustons nos plans, ajoutons 60 km à notre journée et filons via une piste poussiéreuse en direction du parc Radal Siete Tazas. Le trafic est dense à proximité du parc, nous avalons une poussière phénoménale. Lorsque nous atteignons l’entrée, le portail est fermé. Nous nous renseignons auprès du guardaparque. Tous les parcs de la région sont fermés en raison du risque élevé d’incendie. Cependant, le camping Inglès situé 3 km plus loin est ouvert. Il est 18h, nous sommes crevés et complètement recouverts de poussière, raison pour laquelle nous prenons un emplacement à « Woodstock ». Nous n’étions même pas né à l’époque du fameux festival américain, mais nous sommes certains qu’il ressemblait au camping qui s’étire sous nos yeux. Parmi quelques arbres, un monde de malade. Des dizaines de tentes, de véhicules et des centaines de campeurs. Nous serrons les dents, traversons la foule et trouvons un minuscule emplacement équipé d’une table. Il n’y a pas d’eau chaude, nous prenons donc une rapide douche froide, soupons et, c’était inévitable, passons une mauvaise nuit. Le bruit, la musique et les cris ne cesseront qu’au petit matin.

 

Lorsque nous nous levons à 8h, tout le monde dort. Les chiliens vivent décalés (ou alors c’est nous, on ne sait pas…). Nous rangeons rapidement nos affaires et fuyons ce lieu bondé. Il n’y a presque personne sur la piste, nos poumons apprécient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous faisons un rapide arrêt pour observer la cascade « voile de la mariée » et au moment de repartir, nouveau problème avec la moto d’Estelle. Elle refuse à nouveau de démarrer. Prévoyants, nous n’avons pas revissé le cache de la batterie. Nous l’enlevons, secouons la batterie avec énervement et la moto démarre. Puréééééé, l’électronique va nous rendre dingue !!

 

Au vu des nombreux incendies qui ravagent plusieurs régions du pays, nous décidons de retourner en bord de mer. Nous avons 230 km à parcourir. Nous passons à côté de zones complètement brûlées et voyons d’impressionnantes colonnes de fumée sur les collines environnantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au bord de la route, des souches sont toujours en feu et le sol fume. A 20 km de notre destination, la route est bloquée par la police. Des travaux ont lieu plus loin pour déforester et tenter de bloquer l’avancée de l’incendie. Nous patientons durant environ 10 minutes et, lorsque la route ouvre, la moto d’Estelle ne démarre pas. De rage, elle retire le cache, secoue la batterie comme une folle furieuse et démarre. Ce n’est pas le moment d’être en panne, les forêts alentours sont en flammes ! La moto péclote, coupe les gaz, accélère, coupe….. à devenir dingue. Cependant, cela nous permet de constater que le problème est dû à un faux contact. Reste à trouver où. Nous continuons notre route jusqu’à Pichilemu et plantons notre tente au camping Pequeño Bosque.

 

Après quelques investigations, Adrien déniche l’origine du faux contact. La vis de la batterie s’est dévissée (merci BMW Salta, on vous passe les détails) et a créé un faux contact. Il part donc à la recherche d’une quincaillerie ouverte (on est dimanche) mais ne trouve rien. Il passe donc au plan B et se promène au bord de la route. Réflexion simple mais ingénieuse : les routes sont défoncées, les véhicules souffrent et perdent des pièces. Il suffit donc de regarder par terre pour trouver son bonheur. Entre le centre-ville et le camping, il dénichera un boulon, une vis et deux rondelles. Nickel ! La moto est réparée, nous sommes soulagés.

 

Le ciel est voilé, de couleur brun clair. Notre tente est recouverte de très fines cendres. Nous profitons du wifi pour nous renseigner sur la situation. Ce sont déjà 1'300 km2 qui ont brûlés, soit presque l’équivalent du canton de Fribourg. La plupart des feux sont hors de contrôle, attisés par de fortes températures et un vent violent.

 

Le lendemain, nous passons une journée tranquille. Nous sommes en avance sur notre planning et avons donc décidé de ralentir le rythme des dernières semaines. Les incendies ne nous permettent pas de profiter de marches en montagne, nous apprécions donc le vent frais du Pacifique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous baladons en bord de mer puis nous visitons un marché d’artisanat. Nous publions un carnet de route et retournons sur la plage vers 17h. Pichilemu est réputée pour ses excellents spots de surf. Malheureusement, les vagues pour débutants proches de la plage sont très courtes, ce qui ne nous motive pas à louer le matériel adéquat. Nous profitons simplement de la plage et du soleil, malgré un ciel toujours enfumé. Durant la nuit, Adrien devra se lever pour râler auprès de nos voisins. Ils ont allumés le barbecue à 22h, fait un bruit pas possible et ont ensuite décidé de regarder un film à 3h du matin.

 

Le lendemain, nous quittons Pichilemu à 9h30. Durant les 80 kilomètres qui nous séparent de Navidad, nous traversons de nouvelles zones dévastées par les flammes. Certaines collines ne sont plus que des tas de cendres, d’autres sont toujours en feu. A 11h, nous plantons notre tente au camping Calicanton, au bord d’une large rivière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous traversons le pont et faisons quelques courses au village. Il fait plus de 30 degrés. A 14h, le ciel se voile et se teinte d’un bleu farineux. Il « neige » des cendres. A nouveau, notre tente se recouvre d’une fine couche de poussière blanche. Nous profitons tout de même de la chaleur pour nous baigner dans la rivière, rafraichissante. A 16h30, l’alarme du village hurle à deux reprises. Le feu a atteint la limite de la commune, les pompiers partent en intervention. Le vent forcit, la quantité de cendres en suspension diminue mais le ciel devient jaunâtre. L’ambiance est étrange. Nous sommes en sécurité, le feu est actif de l’autre côté de la rivière et l’alarme du village fonctionne !

 

Le 25 janvier, le ciel est dégagé, nous respirons mieux. Nous prenons le temps de ranger et nettoyer toutes nos affaires de camping, nous n’allons plus les utiliser avant notre retour en Suisse. A nouveau, nous traversons des zones dévastées. Après 120 km, nous atteignons notre destination initiale et finale, Valparaiso. Nous retournons, comme il y a 6 mois, au B&B La Casa de Henao. Nous passons près de 2h à trier toutes nos affaires en deux tas distincts : voyage en avion – voyage en bateau. Nous nous rendons ensuite chez Martina (Villa Kunterbunt – en charge de la caisse et de l’envoi) et rencontrons de nombreux motards.

 

En 6 mois de voyage, nous avons vu beaucoup de choses étranges. Mais c’est aujourd’hui que nous découvrons la pire de toute. Au guidon d’un Honda Pan American étrangement modifiée, deux polonais. Le pilote transporte une quantité d’affaires impressionnante (et une valise en cuir en guise de sac de réservoir) alors que son passager a décidé de voyager avec un seul sac en bandoulière. Il ne porte qu’un short, un t-shirt et se balade pieds nus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous restons incrédules….. il faut de tout pour faire un monde….. mais nous ne donnons pas cher de sa peau en cas d’accident…..

Nous soupons au restaurant et profitons de la vue panoramique sur la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jeudi, nous avons rendez-vous à 10h pour la mise en caisse de nos motos. Après 3 semaines de soleil, la météo a changé et il pleuvine. Sacrée coïncidence alors que nous avons subi une averse de grêle lors de la précédente mise en caisse en Allemagne !

Nous aidons Enzo (le mari de Martina) à sortir notre caisse de son entrepôt (situé de l’autre côté de la rue) et utilisons des chutes de bois pour réparer le socle, cassé lors du transport maritime. Nous chargeons ensuite la caisse sur un pick-up, montons sur nos motos et roulons jusqu’au port sec.

 

Après inspection par la douane des numéros de châssis, nous mettons nos motos en caisse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enzo est reparti en ville pour régler la paperasse, nous passons 3h à démonter les motos et fermer la caisse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après pesage et mesure (nous avions estimé le poids à 750 kg, elle en fait 776), nous recevons les documents portuaires et téléphonons à Martina pour que l’on vienne nous récupérer. C’est sa fille qui nous répond et nous dis de prendre le taxi. On nous avait pourtant assuré que le chauffeur du pick-up viendrait nous récupérer. Super…. Sauf que l’on n’a aucune idée de l’endroit où l’on se trouve. HELP les Singelé, on est perdu et on a déjà ouvert l’enveloppe à usage unique !

 

Nous demandons à un homme l’adresse du port sec pour pouvoir appeler un taxi. Il nous informe alors qu’il en a déjà appelé un et qu’il retourne également à Valparaiso. Nous montons dans un taxi officieux (payé par une entreprise) et ne payons que 7'000 pesos pour le trajet (il en vaut normalement 20’000). De retour chez Martina, nous apprenons que sa fille n’a rien compris au directives et qu’il fallait effectivement que le pickup vienne nous rechercher. Au vu de l’organisation de la maison, cette erreur n’est pas surprenante. Villa Kunterbunt fonctionne très bien et facilite grandement les démarche douanières et portuaires. Il ne faut en revanche pas être regardant sur les horaires et l’organisation. On s’en fout, nos motos sont prêtes à prendre la mer !

 

Nous soupons un completo (hot-dog amélioré avec des tomates et de l’avocat) et retournons au B&B. Nous discutons longuement avec le propriétaire. L’accueil que son épouse et lui nous réserve est toujours excellent, la chambre et les parties communes en parfait état et le déjeuner délicieux. Nous profitons à fond de ce séjour « vacances de luxe ». Nous passons à nouveau une nuit parfaitement calme.

 

Le vendredi, nous déjeunons puis nous montons dans un « micro », un bus parcourant les rues de la ville. Ils roulent tous comme des malades et semblent payés au nombre de boucles effectuées dans la journée. Nous arrivons sain et sauf au port de pêche. L’odeur est forte, les étals de poissons et de coquillages sont nombreux. Nous nous approchons de la plage pour observer des lions de mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils attendent patiemment que les pêcheurs jettent les entrailles et les peaux des poissons par-dessus le ponton pour se régaler sans effort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les goélands sont également très nombreux à profiter de cette manne. L’un d’eux, en plein vol, se soulage sur le bras d’Adrien. Il traverse donc la plage pour se laver à l’eau de mer. Il s’avance près de l’eau et ne remarque pas l’énorme vague qui approche. Quand il l’aperçoit, il pique un sprint mais trop tard. Le voilà trempé jusqu’aux cuisses ! Heureusement, il fait beau et chaud. Notre balade en bord de mer lui permettra de sécher un peu.

De retour au centre-ville, nous montons dans un micro et retournons au B&B. Estelle fait de l’avance sur le carnet de route puis nous nous rendons chez Martina à 14h. Les démarches au port ne sont pas terminées, nous devons revenir demain pour payer les frais portuaires.

Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation dans le pays. Les incendies continuent de se propager, ce sont à présent 2'900 km2 qui ont brûlés, l'équivalent du Tessin. L'aide internationale s'organise pour tenter de maitriser la situation.

Nous passons un après-midi tranquille avant de souper au restaurant.

 

Le samedi, nous profitons d’un excellent déjeuner puis nous traversons la rue pour nous rendre chez Martina. Nous payons les frais portuaires et son travail puis nous récupérons nos affaires au B&B. Nous grimpons dans un micro et roulons jusqu’au terminal des bus. Le prochain départ pour Santiago est annoncé à 11h40, il est 11h41. Le guichetier nous informe que nous avons encore le temps de le prendre…. Nous achetons deux tickets et sautons dans le bus qui effectue déjà une marche arrière. Quel timing !

 

Après 130 km, nous arrivons à Santiago. Un petit trajet en métro et une marche nous permettent de rejoindre l’Hostal Moai Viajero. Nous profitons de notre après-midi pour nous balader dans les rues environnantes. Après un souper au restaurant, nous retournons à l’auberge et passons une mauvaise nuit. Nous avons mal choisi notre hébergement. Les chambres, les sanitaires et les parties communes sont à peine entretenus. Quant aux autres hôtes, ils sont là pour faire la fête……

 

Le lendemain, nous patientons jusqu’à 10h pour pouvoir bénéficier du déjeuner. Même le proprio a fait la fête et n’est pas en mesure d’assurer un service à l’heure prévue (8h30). Nous déjeunons et partons visiter la ville. Nous marchons jusqu’au gigantesque parc O’higgins. Nous traversons cet écrin de verdure calme au cœur de la ville puis nous rejoignons la rue Franklin où se tient un marché. Nous déambulons au milieu des stands divers et variés puis nous dégustons une boisson typique, le mote con huesillo. C’est une boisson rafraichissante à base de blé cuit et de pêche séchée. Une sorte de thé froid revisité, très frais mais un peu trop sucré.

Nous repartons en sens inverse, atteignons à nouveau le parc et profitons d’un coin d’ombre pour nous reposer. Nous passons une fin d’après-midi tranquille et une nuit bruyante.

 

Le 30 janvier, nous marchons en direction du Nord et atteignons la Plaza de la Moneda.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le musée accueille une exposition sur Picasso, nous continuons notre balade.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus loin, nous rejoignons la Plaza de Armas et son drapeau démesuré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous admirons les bâtiments alentours puis nous suivons une avenue bondée jusqu’au marché central. Nous déambulons parmi les stands de poissons, de fruits, de légumes et de viandes avant de rejoindre le Cerro San Cristobal. Nous gravissons une partie de la colline, le smog ambiant ne nous permet pas de voir l’ensemble de la ville.

 

Nous faisons demi-tour, traversons le centre-ville puis nous nous attablons à une terrasse. La chaleur est étouffante, nous dégustons une salade et une limonade à la menthe avant de retourner à l’Hostal.

 

Demain, nous quitterons le Chili par les airs pour rejoindre la Suisse….. notre aventure se termine ici.

 

Nous espérons, au fil des carnets de route, être parvenus à vous faire rêver, découvrir et rire….. Nous n’avons qu’un seul conseil si cela a été le cas : voyagez !

 

 

Nous aurions pu y venir à moto.
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