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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

Nord de la Carretera Australe et île de Chiloé

Vendredi 23 décembre 2016, nous déjeunons et chargeons les motos. Au moment de partir, Estelle remarque qu’il manque à nouveau la vis maintenant le châssis arrière. On peste et on sort les outils. Adrien met en place une vis trop longue, ce qui nous permet de rallier le magasin Sodimac. Il y achète une vis adaptée, des rondelles et une clé de 14 pour la vis en question. Il perdra un temps fou à chercher le matériel adapté, tout est mélangé, rien n’est étiqueté correctement et les vendeurs sont inefficaces.

 

Nous installons la nouvelle vis et repartons sans trainer. Nous devons dépasser l’embranchement menant au village de Puerto Cisnes avant 13h car la route ferme pour cause de travaux durant tout l’après-midi. Ce nouveau problème mécanique nous a fait perdre 1h. Nous quittons Coyhaique par une belle route goudronnée. Nous roulons vite, 180 km nous attendent avant le début de la zone en travaux.

 

A 12h50 (c’est limite limite !), nous bifurquons à l’embranchement proche de Puerto Cisnes. Le gravier remplace le goudron et nous gravissons un col noyé dans un épais brouillard. Il fait froid et humide, nous continuons prudemment la descente. Nous atteignons une vallée verdoyante, l’épaisse végétation est impressionnante.

 

Après plus de 200 km, nous atteignons le parc national Queulat. Nous payons le camping et choisissons l’emplacement le plus excentré. Nous dinons puis nous montons la tente. Nous nous baladons ensuite jusqu’au mirador. Le ciel est couvert, nous devinons la cascade dévalant la falaise. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au-dessus se trouve le glacier suspendu, qui reste caché par les nuages. Nous suivons ensuite le sentier interprétatif puis le retour de la pluie nous force à retourner à notre tente. L’emplacement de camping est très bien aménagé. Nous disposons d’un grand abri sous lequel sont disposés une table et des bancs. Comble du luxe, un robinet d’eau potable se trouve juste à côté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous soupons à l’abri et passons une nuit très calme, bercés par le bruit de la pluie sur le tissu de la tente.

 

Le lendemain, le ciel est couvert et menaçant. Nous décidons tout de même de parcourir le sentier menant à un mirador proche du glacier. Nous traversons un pont suspendu puis le chemin grimpe en zigzag dans une forêt ultra humide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque pierre, tronc ou parcelle de terrain est recouvert de mousse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout est détrempé. La pluie commence à tomber, nous sommes protégés par l’épaisse végétation au-dessus de nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir gravi la colline, nous parcourons une arête. Les arbres nous protègent moins mais la végétation bouche tout de même la vue sur les alentours. Le chemin redescend ensuite légèrement pour continuer à flanc de coteau. Après plusieurs kilomètres, nous atteignons enfin le mirador. La vue est toujours gâchée par les nuages. Nous pique-niquons sous un abri de fortune et attendons. Durant quelques minutes, les nuages se dissipent légèrement et nous parvenons à distinguer la cascade et une partie du glacier suspendu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après quelques recherches sur le net, voilà ce que nous aurions pu voir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est important de noter que le parc Queulat reçoit plus de 4 mètres (4 mètres !!) de pluie par an. Le glacier lui, en comptabilise près de 6 ! Inutile de préciser que les jours de beaux temps sont très rares ! A titre de comparaison, la Suisse reçoit moins de 1,5 mètre de pluie par an……

 

Nous faisons demi-tour alors que la pluie redouble d’intensité.  Nous sommes rapidement trempés outre. Gore-Tex les vestes, vraiment ? Quelques centaines de mètres plus loin, ce sont nos pieds qui prennent l’eau. Les flaques sont gigantesques et entravent le sentier. Nous tentons de les éviter puis, mouillés pour mouillés, nous les traversons sans même y prêter attention. Nous atteindrons le camping en dégoulinant. Nous prenons des habits de rechange et filons à la douche. Nous nous glissons sous l’eau chaude tous habillés, ce qui nous permet d’enlever la grosse couche de terre qui recouvre nos pantalons et nos baskets. Une fois propres et habillés de vêtements secs, nous suspendons tout notre matériel sous notre abri. Absolument rien ne séchera, l’air est trop humide et il pleut en permanence. La pluie ne s’arrêtera pas de tomber…

 

Le 25 décembre, c’est Noël…. Et on s’en fout ! Nous profitons de ce Noël particulier à notre manière, sans sapin, ni dinde ! Nous sommes en pleine nature sauvage, en amoureux !

 

Nous démontons la tente sous une pluie battante puis nous enfilons nos combis pluie. Estelle inaugure sa nouvelle salopette étanche, taille L ! Top look !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous suivons la Carretera Australe puis dépassons le village de Puyuhuapi, où se trouvent les bains thermaux les plus célèbres du Chili. Ils sont également hors de prix. La pluie tombe de manière discontinue, parfois remplacée par de très courtes éclaircies. Par moment, le goudron remplace le gravier. Après plusieurs kilomètres, nous quittons la Ruta 7 pour rejoindre Futaleufu. La piste suit le cours de la rivière du même nom. Nous trouvons une chambre à l’Hospedaje Cañete et faisons sécher toutes nos affaires au-dessus du poêle à bois.

 

Nous apprenons ensuite que la terre a tremblé aujourd’hui. Un séisme de magnitude 7,6 a secoué l’île de Chiloé, à 170 kilomètres à vol d’oiseau. Une alerte au tsunami a été lancée puis levée quelques heures plus tard. Aucun blessé n’est à déplorer, seuls quelques tronçons de route ont été endommagés. De notre côté, nous n’avons absolument rien ressenti.

 

Nous marchons jusqu’au centre-ville et trouvons un lieu pour diner (il est déjà 15h passées). Dans une cour entourée d’échoppes diverses, une petite mamie nous prépare deux hamburgers. En attendant, nous allons nous renseigner auprès de l’agence de rafting voisine. Le courant passe bien, l’organisatrice argentine parle français et nous informe qu’elle va ouvrir une agence similaire à Sierre cet été. Le monde est petit ! Nous prenons note des différents type d’excursions disponibles puis nous mangeons. C’est alors que 4 têtes connues apparaissent : l’ingénieux quatuor français qui avait planté leurs tentes trop proche de la nôtre. Nous les saluons et remarquons qu’ils se renseignent à la même agence de rafting.

 

Après le repas, nous nous décidons et réservons une sortie sur la rivière Futaleufu. Les rapides y sont de classes 4 et 5 (pour info, seuls les fous se lancent dans des classes 6 !). Rendez-vous est pris pour demain 12h30 au centre Cara del Indio. L’agence y possède un camping où nous pouvons dormir gratuitement. Les français n’ont pas réservé, nous avons de bonnes chances de les éviter !

Nous passons une soirée tranquille, nos affaires sèchent petit à petit.

 

Le lendemain, nous achetons quelques provisions puis nous parcourons 30 km pour rejoindre le camp de Cara del Indio. Nous montons la tente et attendons. L’agence n’a pas trouvé d’autres touristes pour la sortie de 12h30. Nous enfilons nos maillots de bain et profitons du sauna, chauffé par un poêle à bois. C’est finalement à 17h30 que débutera notre sortie rafting, accompagné par 4 Israéliens. Nous enfilons une salopette en néoprène, un k-way, un casque et un gilet de sauvetage et nous embarquons dans un minibus. Ce dernier tracte tout le matériel sur une remorque. Après 10 minutes de route, nous atteignons notre point de départ. Nous aidons à décharger tout le matériel et écoutons les conseils du guide. Nous serons 7 dans le raft, dont un guide qui manœuvre avec de très longues rames. Autour de nous naviguerons 3 kayakistes et un raft solitaire. Les mesures de sécurité sont poussées au maximum. En cas de chutes dans les rapides, les kayakistes ont comme mission de nous récupérer. Autre possibilité de sauvetage, la corde lancée par le raft solitaire.

 

La rivière Futaleufu est classée parmi les 10 meilleures au monde pour les sports en eaux vives. Sensations garanties !

Nous empoignons une pagaie et nous embarquons. La rivière est très calme, le guide en profite pour nous expliquer les différentes manœuvres. Il parle en anglais : Forward pour pagayer en avant, Back pour pagayer en arrière et Safety Position pour se jeter (puis s’asseoir) à l’intérieur du raft avant de heurter un rocher…. Ok, ok….

 

Voilà que les premiers rapides approchent déjà…. Le guide hurle Forward, nous pagayons en rythme. Le raft s’enfonce dans le creux de la vague puis se redresse pour la gravir. L’eau nous éclabousse, nous en prenons plein la figure. Les kayakistes attendent après chaque rapide pour récupérer d’éventuels naufragés. Nous continuons !

 

Plus loin, le premier rapide de classe 5 s’annonce. Il est énorme, les vagues sont gigantesques. Nous sommes assis à l’avant, nous recevons des litres d’eau dans la figure. Nous pagayons et tentons de garder notre équilibre. Le raft se plie et se déplie selon les vagues ! Les sensations sont géniales !

Les rapides s’enchainent, nous nous amusons comme des fous ! Petite vidéo d’un rapide classé 5. La GoPro est fixée sur le casque d’Adrien, les Israéliens braillent avant même le début des rapides.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et ce qui pouvait arriver arriva ! LA CHUTE ! La vague était parfaite : Estelle a été secouée, son pied est sorti de l’attache puis un nouveau choc l’a fait basculer par-dessus bord !

Avant le départ, le guide nous avait expliqué qu’en cas de chute, il fallait, si l’on était à proximité du raft, tenter d’attraper la corde jaune qui longe l’embarcation. Dans l’eau, Estelle n’a qu’un objectif : Choper cette foutue corde ! Mais elle avale des litres d’eau à la minute, n’a aucun visibilité au milieu des flots déchainés, ne veut pas lâcher sa pagaie et peine à attraper la corde (bras trop court). Selon les instructions de sécurité, c’est aux personnes placées du bon côté du raft que revient la mission d’aider le nageur. Aucun Israélien ne bouge, c’est donc Adrien qui se précipite au moment même où Estelle parvient à attraper la corde ! Son Sauveur ! Par la suite, on entend le guide gronder les israéliens inactifs…..  

 

Nous continuons ! Plus loin, nous échangeons de place au sein du raft. Nous nous plaçons à l’arrière. Nouveaux rapides…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après plus d’une heure de sensations fortes, les Israéliens débarquent. Ils ont choisi le circuit court, nous avons payé pour le moyen, soit 30 minutes supplémentaires. Deux kayakistes embarquent à bord du raft, il faut être au mininum 5 pour que le bateau soit équilibré et suffisamment lourd. Nous nous plaçons à nouveau à l’avant. Alors que le guide crie Forward, nous sommes stupéfaits. Le raft fait un véritable bon en avant. Nous nous retournons, médusés. Le guide et les kayakistes éclatent de rire ! Et oui, c’est cela la sensation quand tout le monde pagaie avec énergie ! Les Israéliens ne faisaient que tremper leurs pagaies dans l’eau !! Nous traversons de nouveaux rapides puis nous finissons notre descente par les rapides « casa de piedra ». Maison de pierre…. Effectivement, d’énormes blocs de rochers nous font face. Nous pagayons, le guide manœuvre et nous nous faufilons entre les pierres, tout en étant secoués dans tous les sens !

Waouh !! Quelle expérience géniale !

 

Nous nous échouons sur la rive, chargeons les rafts et les kayaks sur la remorque puis nous roulons durant 15 minutes pour atteindre le camp. Nous nous débarrassons en vitesse de nos combinaisons trempées (surtout Estelle) et filons nous réchauffer dans le sauna !

Un petit souper et une bonne nuit de sommeil !

 

Le 27 décembre, nous roulons durant 30 minutes avant d’atteindre la Carretera Australe. Après plusieurs kilomètres supplémentaires, nous atteignons le sud du Parc Pumalin et le secteur El Amarillo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’entrée est gratuite. Le parc est privé et appartient à un riche « éco-baron » américain. Nous nous installons au camping, qui est également gratuit. Puis nous remontons sur une moto pour retourner en ville, faire quelques courses et obtenir un plan du parc auprès de l’administration.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous passons une fin d’après-midi tranquille, il fait beau et chaud. Enfin un peu de soleil après tant de jours de pluie !

 

Le mercredi, il fait grand beau ! Nous montons sur une moto et roulons durant 10 minutes avant d’atteindre un autre camping. C’est ici que débute le sentier menant au glacier Michinmahuida. Nous nous enfonçons dans une belle forêt, le sentier est incroyablement bien entretenu. Nous nous approchons ensuite d’une rivière et empruntons des passerelles de bois pour traverser une zone marécageuse.

 

Nous marchons dans la vallée, en remontant le cours de la rivière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après quelques kilomètres, la vallée se rétrécit et nous grimpons dans la forêt pour éviter le cours d’eau. Le sentier décrit des montagnes russes. Plus loin, c’est une autre rivière que nous devons traverser. Il n’y a pas de pont, nous sautons de pierres en pierres et profitons de quelques troncs échoués pour garder les pieds au sec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous traversons ensuite une forêt puis nous pique-niquons face au glacier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons notre marche et nous nous arrêtons à deux kilomètres du géant de glace. La vue est splendide !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous faisons demi-tour, nous avons 10 kilomètres à parcourir pour rejoindre la moto. Après 6h30 de marche, nous sommes de retour au camping. Nous filons sous la douche (froide). Estelle hurlera durant quelques minutes. Impossible de se laver les cheveux, l’eau est glaciale !

Nous soupons et profitons d’une calme nuit de sommeil.

 

Le lendemain, nous profitons d’une grasse matinée avant de monter sur une moto, parcourir 10 km et rejoindre les bains thermaux El Amarillo.  Il n’y qu’un seul bassin, mais l’eau est ultra chaude. Nous profitons et trempouillons plusieurs heures. Avant de repartir, nous dégustons un morceau de gâteau fait maison puis nous passons une après-midi tranquille au camping.

 

Le 30 décembre, nous quittons la zone Sud du parc et rejoignons une route goudronnée qui nous mène jusqu’à Chaitén. Nous avons une foule de choses à faire avant de continuer notre chemin. Nous achetons un joint pour notre brûleur à gaz, dégotons une bouteille de gaz dans une quincaillerie, retirons des sous chez BancoEstado, profitons du wifi gratuit de la ville pour envoyer quelques rapides messages sur Whats’App, achetons des provisions puis réservons nos billets de ferry. Plus au Nord, la Carretera Australe s’arrête. Le ferry Bi-Modal prend le relai (1 traversée en ferry, 15 km de piste puis seconde traversée en ferry pour rejoindre Hornopiren). Nous réservons nos places pour le 2 janvier et payons 8'200 pesos/ moto (13 CHF).

 

Nous quittons ensuite la ville pour rejoindre le secteur Nord du parc Pumalin. Nous suivons une piste bien entretenue jusqu’au camping du lago Blanco. Il est plein, nous continuons jusqu’au camping du lago Negro (qui ne nous plait pas) avant de finalement planter notre tente au camping Cascadas Escondidas (cascades cachées). Nous disposons d’un abri gigantesque, qui sera bien utile pour les prochains jours, annoncés pluvieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autre bonne nouvelle, ici aussi, le camping est gratuit. Selon les informations récoltées auprès des autres campeurs, le camping n’est payant qu’en janvier et février (haute saison). Cependant, même le 1 janvier, personne ne nous demandera le moindre peso !

 

Après le montage de la tente et le diner, nous parcourons le sentier menant aux fameuses cascades cachées. La montée est raide, le sol un peu glissant et la végétation luxuriante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 30 minutes, un escalier-échelle très abrupt nous permet de redescendre jusqu’au pied de la première cascade.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous remontons l’escalier-échelle et continuons sur un chemin ultra bien aménagé. L’on remarque bien ici la différence entre les parcs nationaux, gérés par l’état, et le parc Pumalin, privé, qui dispose de fonds bien plus conséquents.

 

Après une nouvelle grimpette, nous atteignons un mirador et admirons la seconde cascade.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Durant la descente, le chemin bifurque et traverse une zone où poussent d’immenses Alerces !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Certains spécimens atteignent les 4’000 ans !

Nous rejoignons le camping après 1h45 de marche. Une pluie forte s’abattra sur notre tente durant toute la nuit.

 

Le 31 décembre, c’est Nouvel An et…. On s’en fout ! Nous avons une pensée pour Megane et Anthony, avec qui nous passons habituellement le passage à la nouvelle année ! Cette fois-ci, la journée sera bien différente…

 

Nous déjeunons à l’abri puis nous enfilons nos vestes k-way. Estelle est au top de la mode avec son k-way « cube » (vendu avec la salopette taille L).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pluie est intense, nos pantalons sont rapidement trempés car nous suivons la Carretera Australe et nous ne pouvons pas profiter de l’abri des arbres. Après 1 km, Adrien enrage d’être aussi vite mouillé. Il arrache une feuille énorme et se construit un parapluie sur mesure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela sauvera un peu son pantalon. Après 2 km, nous atteignons enfin le début du sentier, traversons un pont suspendu puis nous nous enfonçons dans la forêt.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chemin est à nouveau très bien aménagé, nous déambulons au milieu d’Alerces gigantesques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pluie cesse enfin, nous séchons petit à petit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une courte boucle, le sentier nous ramène sur la Carretera Australe. Nous la suivons durant 700 mètres pour rejoindre le sentier Tronador.

Quelques passerelles et escaliers nous permettent de rejoindre un pont puis se sont des escaliers et des échelles qui se succèdent. La montée est verticale et épuisante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il n’y a presque pas de replat, nous montons difficilement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Estelle exagère, mais nous avons tout de même parcouru 360 mètres de dénivelé sur une distance ridicule : 1200 mètres. Droit en haut, droit en haut !

 

Nous atteignons un mirador, épuisés. Les sommets sont cachés par les nuages, aucune vue sur le volcan Michinmahuida. Nous sommes un peu déçus mais la végétation incroyable et dense valait bien tous ces efforts. Nous pique-niquons puis nous redescendons avec difficulté. Les échelles sont raides et inégales. Les échelons sont constitués de petits troncs, qui sont donc ronds et glissants. A mi-parcours, Adrien ressent une douleur sur la cheville. C’est une sangsue ! Beurk ! Elle est petite mais la vue de cet animal collé à sa peau nous dégoute. Il l’arrache d’un coup sec puis l’écrase sous son talon. Sale bête ! Après inspection de la blessure, il se rend compte que c’est la deuxième qui le mord. Il possède une blessure similaire sur l’autre cheville, mais pensant avoir affaire à un insecte quelconque, il l’avait retiré sans y prêter attention.

 

Estelle vérifie ses chevilles, remonte ses chaussettes au maximum puis nous continuons notre descente. Nous glisserons sur les fesses chacun à une reprise, sans mal. Alors que nous atteignons enfin la plate Carretera Australe, la pluie se remet à tomber. On râle, nous étions secs ! Nous nous dépêchons de rejoindre le camping puis nous nous motivons pour la douche. Il n’y a pas d’eau chaude, cela ne va pas être agréable.

Après une douche ultra rapide (c’est hyyyypeeeer froooooid !!!!!!!), nous dégustons un petit apéro puis nous cuisinons un émincé de poulet au curry. Notre nouvel an se terminera à 21h30, au lit ! En Suisse il est minuit trente, Bonne Année 2017 !

 

Nous passons une nuit tranquille, la pluie ne cessant presque jamais de tomber.

 

Le 1er janvier, il pleut, il pleut, il pleut. Peu motivé à mouiller à nouveau toutes nos affaires, nous passons la journée sous notre abri. Nous inventons quelques jeux avec les moyens du bord (des cailloux), préparons la suite de notre itinéraire et faisons un peu de rangement dans nos affaires.

 

Le lendemain matin, c’est le déluge qui s’abat sur notre tente. Nous avons rendez-vous à 10h à Caleta Gonzalo pour embarquer sur le ferry. Nous déplaçons le contenu de la tente sous l’abri puis nous la plions aussi vite que possible. Nous enfilons nos combi pluie puis nous parcourons les 14 km qui nous séparent du port. Nous arrivons pile à l’heure, il nous faut maintenant attendre 1h avant l’embarquement. Nous pensions que cette heure de marge (imposée par la société de navigation) permettait aux passagers de s’enregistrer, mais personne ne passe voir nos billets. Nous attendons sous un avant-toit, à l’abri de la pluie.

Peu avant 11h, le ferry arrive. La file de voiture se met en branle puis nous découvrons qu’un employé vérifie les billets juste avant la montée à bord. Arrivé à sa hauteur, Estelle peste, enlève ses gants, ouvre son sac de réservoir, sort le porte-monnaie du sac-étanche, récupère les billets et les lui tend. Au même instant, il réalise qu’il n’a que deux motos sur son listing et nous fait donc signe de passer….. GRRRRR !! Tout sorti sous la pluie pour rien !

 

Nous montons à bord, parquons les motos et rejoignons la salle réservée aux passagers. Nous naviguons dans un fjord durant 30 minutes avant d’accoster. Nous roulons en file indienne durant 15 kilomètres au sein du parc Pumalin (immense ce parc, vraiment) puis nous atteignons un nouvel embarcadère. Cette fois-ci, un employé récolte les billets d’embarquement. La mer est agitée, nous roulons prudemment jusqu’à l’emplacement indiqué par un marin. Ce ferry est bien plus grand que le précédent, la salle des passagers est immense. Estelle avale un médicament contre le mal de mer en prévention, puis nous enlevons nos combi pluie avant de nous installer sur un canapé à l’avant du bateau.

Devant nous, une immense baie vitrée nous permet d’admirer les forêts vierges bordant le fjord. Nous somnolerons durant une partie des 3h30 de traversée. Le ciel est couvert, il pleut, le paysage n’est pas des plus enchanteur.

 

Nous débarquons à Hornopiren alors qu’un déluge s’abat sur le village côtier. Nous trouvons refuge au residencial Tierras del Sur et sommes reçus par une famille très sympathique. La chambre ne coûte que 16'000 pesos (moins que certains campings) et nous avons libre accès au lave-linge. Nous en profitons pour faire une lessive géante. Nous savourons ensuite notre première douche chaude depuis le 24 décembre….. Eh oui, record battu ! 8 jours sans eau chaude ! Ça c’est l’aventure !

 

Nous filons ensuite au restaurant le plus proche, dégustons un excellent pavé de saumon et passons une nuit rythmée par le bruit de la pluie sur le toit en tôle ondulée.

 

Le mardi, il pleut, encore et toujours. Nous suivons une piste et rejoignons le port de Puelche. Un ferry nous emmène en 30 minutes sur la rive opposée. Nous continuons ensuite sur une route goudronnée et rejoignons la ville de Puerto Montt. Le trafic est dense, voilà plusieurs semaines que nous n’avions plus circulé parmi autant de véhicules ! Nous venons de terminer la Carretera Autrale ! Nous avons parcouru 1’250 km depuis l’extrême Sud et le village de Villa O’Higgins.

 

Nous traversons la ville puis nous nous engageons sur la Panaméricaine. Nous payons les péages et rejoignons le port de Pargua. Un ferry navigue durant 20 minutes pour rejoindre l’île de Chiloé. Nous roulons ensuite durant 30 km supplémentaires pour atteindre Ancud. La pluie cesse enfin et nous plantons la tente sous quelques rayons de soleil au camping Vista Hermosa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vue sur l’océan Pacifique est superbe. Grâce au wifi, nous apprenons que l’amortisseur est arrivé à Santiago (on l’avait presque oublié celui-là, depuis le temps !). Nous marchons jusqu’au centre-ville, visitons un marché d’artisanat et faisons des courses au supermarché.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour au camping, alors que nous rangeons la nourriture dans les valises latérales, un orage éclate. Tout est détrempé en moins d’une minute. Nous lançons tout ce qui nous passe sous la main dans la tente et courrons nous réfugier sous un avant-toit. Nous y soupons en attendant la fin de l’averse.

 

Le 4 janvier, nous nous réveillons lentement.  Alors qu’Adrien s’assied sur son matelas, il ouvre de gros yeux rond et dit à Estelle : bouge pas, n’aie pas peur, y’a une bête dans l’entrée de la tente derrière toi. Estelle se redresse doucement, ouvre la porte de tissu et découvre….. Un chat ! A l’abri de la pluie et confortablement installé sur notre équipement moto (notre tente possède deux entrées, l’une sert de rangement pour notre équipement et l’autre d’entrée-sortie).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’intrus miaule et décide de s’incruster un peu plus. Il franchit la porte et s’installe sur les genoux d’Adrien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Estelle rassemble toutes ses affaires, pas de poils de chat sur mon sac de couchage ni de trous dans mon matelas autogonflant !! Après un petit câlin, Adrien met le chat à la porte. Il ne lui faudra que quelques secondes pour se glisser à nouveau entre les deux couches de tissu et retourner se lover sur notre équipement.

 

Nous déjeunons sous l’abri offert par l’avant-toit puis nous plions notre tente, qui est trempée (on a enlevé le chat avant le pliage, pas de panique !).

Nous chargeons nos motos puis nous suivons l’ennuyeuse Panaméricaine. Elle n’est pas payante sur l’île mais le trafic est dense. La pluie tombe, parfois entrecoupée de brèves éclaircies. Nous découvrons les maisons sur pilotis (les pieds dans la vase, loin de l’image de carte postale) puis nous continuons en direction du Sud (pas de photo, il pleut). Nous quittons finalement la Panaméricaine et bifurquons vers l’Ouest sur une petite route sinueuse. Nous atteignons le parc national Chiloé et, après un gymkhana sur un pont minuscule et entre des arbres, nous rejoignons un emplacement de camping. La connexion wifi de la cafétéria nous permet d’apprendre que l’amortisseur a été envoyé en express, il arrivera demain à Puerto Varas ! Cool !

 

Nous nous baladons ensuite sur sentier et traversons différents types de végétation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit sera froide.

 

Le lendemain, nous profitons du retour du soleil pour suivre le chemin menant à la plage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous traversons quelques dunes de sable et atteignons le Pacifique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous retournons au camping pour diner et passons un agréable après-midi au soleil. Estelle essaie de rattraper le retard pris sur les carnets de route pendant qu’Adrien bricole.

 

Le vendredi, nous parvenons à plier la tente juste avant le début de la pluie. Nous enfilons nos combi pluie et suivons la route sinueuse jusqu’à Castro. Nous passons devant son église colorée (pas de photo, il pleut) et bifurquons pour suivre la route côtière. La route devient piste, les passages de tôles ondulées sont très nombreux. Le temps est vraiment pourri, nous ne pouvons pas profiter du paysage. A Quemchi, lassés, nous quittons la route en bord de mer pour rejoindre la rectiligne Panaméricaine. Nous atteignons le port au Nord de l’île, payons le billet de ferry (8’300 pesos soit 800 de plus qu’à l’aller car la compagnie est différente) et naviguons pendant 20 minutes pour rejoindre le continent. Nous nous engageons sur l’autoroute, la pluie redouble d’intensité. Nous payons quelques péages et atteignons enfin Puerto Varas. La pluie cesse de tomber alors que nous entrons en ville. Nous trouvons une chambre à l’Hospedaje Elsa. La propriétaire n’est pas très sympa, mais pour le prix nous ferons avec.

Adrien file en ville chez Chilexpress récupérer son amortisseur (après un mois d’attente alors qu’on nous avait assuré 2-3 semaines de délai) pendant qu’Estelle publie un carnet de route. Nous avons parcouru 2’000 km avec la suspension foutue sans problème.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après montage de la nouvelle suspension, nous retournons en ville et dégustons un tartare de bœuf.

 

Notre séjour sur l’île de Chiloé ne nous a pas vraiment enchantés. L’office du tourisme chilien parvient très bien à vendre cette destination qui possède 14 églises classées à l’Unesco, mais la visite de l’île nous a paru un peu fade. Nous avons donc volontairement raccourci notre séjour ilien pour pouvoir profiter de la région de l’Araucanie et de ses très nombreux volcans. Nous partirons demain à la découverte des géants de lave.

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On a pas osé acheter....

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Le trait blanc au fond.... tout flou....c'est la cascade !