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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

Côte Atlantique et retour au Chili

Dimanche 4 décembre 2016, nous quittons l’hôtel et parcourons deux pâtés de maisons pour rejoindre un supermarché. Alors qu’Estelle fait des courses, Adrien remarque que sa fourche avant gauche fuit. Les conditions climatiques d’hier ont eu raison du simer de fourche (joint). Nous nettoyons les fourches pour éviter d’autres fuites, faisons le plein et quittons la ville. Nous suivons une piste en pleine campagne. Nous croisons et évitons des dizaines de moutons.

 

Plus loin, nous atteignons la même route qu’à l’aller. Depuis notre premier passage, elle a été « réparée ». En effet, elle a été recouverte d’une épaisse couche de gravillons afin de boucher les trous présents dans le goudron. Nous continuons prudemment, motos et gravillons ne font pas bon ménage.

 

Nous arrivons au port à 13h30 et attendons derrière une longue file de véhicules. Alors que le ferry repart, on nous informe que nous pouvons dépasser la file et nous placer tout devant. Il y a toujours une place de libre pour caser deux motos. Alors que nous patientons, Adrien inspecte sa moto. Elle n’est pas « comme d’habitude ». La suspension arrière semble trop molle….

 

1h30 après notre arrivée en bord de mer, nous embarquons pour une traversée de 20 minutes. Nous quittons la Terre de Feu pour rejoindre le continent. Nous reprenons ensuite la route pour atteindre le poste frontière Paso Integracion Austral. Durant le trajet, la moto d’Adrien continue de se comporter bizarrement. Nous passons la douane et roulons jusqu’à Rio Gallegos. Peu avant d’arriver en ville, la moto d’Adrien rebondit de plus en plus. Inspection poussée et diagnostic : la suspension arrière est foutue, toute l’huile est répandue sur le bras oscillant. Nous roulons très gentiment jusqu’au camping Sindicado Empleados de Comercio.

 

Nous montons la tente et sommes invités par nos voisins d’emplacement pour un asado (barbecue). Les campings argentins possèdent souvent une utilisation mixte (camping la semaine et emplacement de barbecue pour le weekend et les jours fériés). Nous rencontrons la famille de Diego (qui se présentera en disant : je m’appelle Diego, comme Diego Maradona, ce qui fera beaucoup rire Estelle) et passons une agréable soirée. Nous en profitons pour obtenir quelques informations sur les garages présents en ville. Il n’y en a qu’un, Honda. La famille de « Maradona » quitte le camping en fin de soirée et nous passons une nuit assez bruyante, juste à côté d’une route très fréquentée.

 

Le lundi, Adrien monte sur sa moto et se rend au garage Honda. Il revient 1h plus tard, dépité. Le personnel de la partie vente était très sympathique, mais ils n’ont eu aucune solution à lui offrir. Le garage n’a pas l’autorisation d’importer des pièces pour d’autres motos qu’Honda et a donc refusé de chercher un amortisseur compatible avec la GS. Du côté garage, le mécano s’est avéré être un connard fini. A peine Adrien a-t-il exposé son problème que le mécano lui a dit non. Non je n’aide pas, non je n’ai pas de pièce, non je n’ai pas d’outils Torx, non je ne répare pas, non personne ne répare d’amortisseur en ville. Bravo, belle entraide entre motards….

 

Seul conseil utile, se rendre au garage VW, dont le patron possède une GS. Adrien y découvre que pour faire le service ou des réparations sur sa moto, le patron de VW appelle le garage de Buenos Aires, qui vient chercher sa moto (2’500 km !), la rapatrie à la capitale, effectue les réparations et la ramène à Rio Gallegos….. On oublie ce plan !

 

Nous profitons donc du wifi du camping pour envoyer des mails à un maximum de contacts. Nous écrivons à des motards rencontrés en chemin, au garage de Santiago qui a monté des Heidenau sur nos motos, à Martina qui nous a aidés pour l’envoi des motos, à des garages trouvés sur Internet. Nous envoyons également un message à Pierrot pour s’assurer que nous pouvons rouler dans ces conditions. Selon lui, si nous évitons les trous, cela peut tenir….. Nous profitons donc de ce carnet pour faire un petit coup de pub à notre garage préféré. Si seulement ceux que nous avons rencontrés en chemin équivalaient au garage Singelé Moto, à la Chaux-de Fonds. Accueil et service impeccable, travail rapide et compétent !

Puis nous attendons des réponses à nos mails…

 

Durant l’après-midi, nous nous rendons en ville dans un magasin de piercings-tatouages recommandé par Diego (Maradona !). A force d’enlever et de mettre son casque, Estelle perd ses piercings les uns après les autres. Nous en achetons puis retournons à la tente.

 

Le mardi, nous recevons quelques réponses. Martina a contacté l’un de ses amis, en attente. Le garage Ride Chile nous propose une pièce neuve à un prix exorbitant, nous refusons.

 

Afin de ne pas rester à attendre inutilement, nous montons sur la moto d’Estelle et roulons plein Sud. Après quelques kilomètres de goudron, nous bifurquons sur une piste et roulons durant près de 130 km. Nous atteignons la région du Cabo Virgenes et un parc protégeant des manchots de Magellan. Il n’y a personne à l’accueil, nous continuons jusqu’au parking. Nous suivons un sentier aménagé et découvrons des dizaines de manchots, cachés derrière ou sous les buissons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Certains s’enfuient à notre approche, alors que d’autres ne bougent pas d’un seul centimètre. Ils protègent leurs poussins, cachés par la végétation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous parcourons le sentier, entouré de centaines de manchots.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’odeur âcre est difficile à supporter.

Le sentier est bordé par des barrières hautes. Un espace a cependant été laissé libre au niveau du sol pour que les manchots puissent circuler en dessous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous continuons notre parcours, tout en lisant les panneaux explicatifs plantés au bord du chemin. Partout autour de nous, des dizaines de manchots.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous les repérons grâce à leur plumage en partie blanc, qui ressort de la végétation.

Nous atteignons ensuite un petit mirador et découvrons l’océan Atlantique. Incroyable !! Il y a là des milliers de manchots !! Certains se baignent, d’autres se reposent et d’autres encore font des allers-retours entre la plage et leur nid.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous pique-niquons à proximité de la plage, observés par quelques spécimens curieux, planqués dans la végétation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous remontons ensuite sur la moto et parcourons quelques kilomètres pour rejoindre le cap Virgenes. C’est ici que débute la route 40 !! Nous sommes au kilomètre zéro, à 5’080 km de La Quiaca, à la frontière bolivienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous prenons quelques photos puis nous reprenons la piste jusqu’à Rio Gallegos.

 

Nous avons reçu une réponse de l’ami de Martina, Mick, qui gère le garage Adventura Chile, à Santiago. Il est possible d’envoyer l’amortisseur pour réparation ou d’en recevoir un neuf par courrier postal au Chili. Longue soirée à peser les pour et les contre, à calculer les semaines qu’il nous reste à passer en Amérique du Sud, à faire des calculs savants de budget……

 

Le mercredi, Adrien retourne en ville pour téléphoner à Mick. Nous obtenons ainsi rapidement des informations plus précises. Nous décidons finalement de commander un amortisseur neuf et de le faire envoyer à Coyhaique, au Chili. Nous traverserons prudemment l’Argentine pour rejoindre la Carretera Australe, suite de notre itinéraire. Nous visiterons ensuite le Sud de Chili avant de rejoindre Coyhaique et d’y récupérer la pièce. Selon Mick, nous devrions la recevoir dans 2 à 3 semaines. Nous sommes le 7 décembre, nous croisons les doigts pour la recevoir avant Noël.

 

Nous plions ensuite la tente et suivons la Ruta 3, qui suit la côte Atlantique. Le paysage est plat, monotone. Une petite pluie nous rafraichi alors que nous roulons sur ce ruban goudronné et rectiligne. Après 200 km, nous atteignons le centre des visiteurs du parc national Monte Leon. L’entrée au parc est libre. Nous visitons le petit musée attenant, pique-niquons et remontons en selle pour atteindre l’entrée du parc. Nous rebroussons chemin durant 6 kilomètres puis nous nous engageons sur une piste. Afin de préserver la suspension d’Adrien, nous roulons lentement. Le paysage change alors que nous approchons du bord de mer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous atteignons le camping (payant) après 18 km. Nous montons la tente alors que le vent souffle fort (près de 60 km/h selon le gérant du camping). Nous nous amusons comme des gamins à créer une voile avec notre immense bâche de 3 mètres sur 4, ce qui inquiètera nos voisins allemands. Ils viendront nous proposer leur aide pour monter notre tente. Nein, danke, wir spielen !

 

Nous remontons ensuite sur la moto d’Estelle pour rejoindre une colonie de lions de mer. Nous parquons la moto et empruntons une passerelle aménagée. Depuis le bord d’une falaise, nous observons la colonie, qui se prélasse au soleil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous roulons ensuite quelques kilomètres supplémentaires pour atteindre le début du sentier menant à la colonie de manchots.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un panneau informe les visiteurs sur la présence du redoutable puma. En cas de rencontre impromptue, il ne faut pas courir mais faire de grands gestes et crier. Estelle est au taquet !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous suivons ensuite le chemin aménagé sur 2,5 km. Nous traversons ensuite la zone de nidification pour rejoindre un mirador au-dessus de la plage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A nouveau, ils sont des milliers !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous les observons longuement avant de faire demi-tour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vent se calmera durant la soirée et nous passerons une nuit très tranquille.

 

Le 8 décembre, c’est l’anniversaire d’Adrien ! Joyeux anniversaire ! Nous faisons une balade sur la plage à côté du camping puis nous démontons la tente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En repartant, nous faisons un arrêt pour observer des milliers de cormorans, qui nichent sur une île.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous quittons la côte, rejoignons la Ruta 3 et roulons jusqu’à Piedrabuena. Nous faisons quelques courses au supermarché puis nous pique-niquons dans un parc. Gâteau d’anniversaire pour le dessert !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous repartons et parcourons près de 200 km sur des routes rectilignes et ennuyeuses pour atteindre Gobernador Gregores. Le thermomètre affiche 27°C, nous apprécions pour une fois le vent latéral froid qui nous rafraichi. La situation est incroyable. Il fait 27°C et nous sommes à moins de 200 km d’une colonie de manchots. Quel drôle de climat ! Nous retournons au camping municipal où nous avions séjourné il y a quelques semaines. Nous savourons une glace, c’est l’été en Patagonie !

 

En début de soirée, un groupe d’argentins débarque et commence un asado gigantesque. Ils allument un feu à moins de 5 mètres de notre tente, nous râlons. Les braises qui s’envolent risquent de la trouer ! Selon eux, ils n’ont pas le choix, c’est le seul endroit où ils peuvent allumer un feu suffisamment grand pour cuire leur cochon entier ! Fâchés par leur manque de respect, nous sortons toutes nos affaires de la tente avant de la déplacer plus loin. Ils vont probablement brailler toute la nuit, nous n’allons pas dormir. Adrien va voir la gérante du camping pour râler. C’est un camping, un lieu pour dormir, pas pour faire un feu gigantesque et griller un cochon entier ! Elle est 100% d’accord, c’est son chef qui a donné son accord pour ce barbecue. Selon elle, ils doivent quitter le camping à 23h….. ils partiront finalement à minuit et demi….. Demi-nuit de sommeil.

 

Le lendemain, nous nous levons tôt, une longue journée de route nous attend. Nous avons 400 km à parcourir, dont la moitié d’offroad et une douane à franchir. Le tout avec un amortisseur pété. Nous roulons vite jusqu’à Bajo Caracoles, le vent nous pousse ! Nous faisons le plein dans la même station antique qu’il y a quelques semaines puis nous roulons encore 16 km avant le début de la piste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous ralentissons fortement le rythme pour préserver la suspension. Pierrot nous a conseillé d’éviter les trous, mais les zones de tôles ondulées s’enchaînent. Pas le choix, nous continuons prudemment alors qu’Adrien roule presque en dehors de la piste pour éviter les chocs et les secousses. Le paysage devient montagneux et magnifique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous longeons le lac Ghio avant d’entrer dans la réserve naturelle Patagonia, qui s’étend de part et d’autre de la frontière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous trouvons un endroit un peu abrité du vent pour pique-niquer. Plusieurs lièvres sautillent aux alentours.

Nous repartons, la piste serpente dans un paysage sublime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous dépassons une zone d’éboulement bicolore, les Andes s’approchent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Proche de la frontière, un gigantesque troupeau de moutons occupe une plaine verdoyante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 90 km de piste, nous atteignons le poste frontière argentin, composé de deux maisons au milieu de nulle part. Nous partons à la recherche du douanier, qui n’est pas dans son bureau. Après l’avoir retrouvé en train de diner, il tamponne nos passeports et récupère les documents des motos.

Nous repartons sur une piste étroite, précédé par un petit tatou qui court à toute allure. Il reste sur la piste et zigzague, nous roulons au pas jusqu’à ce qu’il se décide à s’enfoncer dans la végétation. 10 km plus loin, nous atteignons la douane chilienne. Ici aussi, le douanier est très sympathique. Nouveaux tampons sur les passeports et création des documents d’importation temporaire des motos. Nous sommes très vigilants et contrôlons soigneusement les données inscrites. Nous entrons pour la dernière fois au Chili, s’il y a une erreur sur les documents, cela posera problème lors de l’envoi maritime des motos. Tout est en ordre, nous continuons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous entamons la descente (nous sommes à peine à 700 m d’altitude). Le paysage est toujours aussi spectaculaire, nous observons des flamands roses et de très nombreux guanacos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignons la Carretera Austral à 90 km du col. Elle longe les rives du Rio Baker durant 20 km avant d’arriver à Cochrane.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous passons la nuit à l’Hostal Lejana Patagonia.

 

Le lendemain, journée de repos. Nous faisons quelques courses et publions un nouveau carnet de route. Demain, nous partirons plein Sud avec une seule moto.

 

Le 11 décembre, il pleut des cordes. Peu motivés, nous repoussons notre départ. Nous dinons au restaurant et profitons d’une courte éclaircie pour nous balader jusqu’au mirador de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Demain, la météo s’annonce légèrement meilleure. Nous chargerons donc la moto d’Estelle pour un aller-retour de quelques jours jusqu’à Villa O’Higgins, village marquant la fin de la Carretera Austral, à 250 km plus au Sud.

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