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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

Terre de Feu - Ushuaïa

 Mardi 22 novembre 2016, nous quittons El Calafate. Nous n’apercevons pas Joanne et Pierre-Yves au bord de la route, leur pancarte en carton « El Chaltén » et leurs pouces levés les ont menés plein Nord.

 

Nous roulons jusqu’à rejoindre la RN40. Nous la suivons durant 100 km puis nous bifurquons sur une piste de graviers. Au milieu de nulle part, Adrien s’arrête et sautille dans tous les sens !! C’est la fête !! Sa moto vient de franchir le cap des 50'000 km !! Après quelques félicitations et des encouragements pour qu’elle tienne le coup encore un moment, nous repartons. Nous traversons de grandes plaines venteuses où broutent d’innombrables moutons.

 

De retour sur le goudron, nous assistons stupéfaits à l’atterrissage d’un condor en bord de route ! Arrivés à environ 5 mètres du sol, il déploie ses pattes puis atterri avec lourdeur, parfois en rebondissant. D’autres condors rejoignent le sol, leur technique approximative nous amuse beaucoup !

 

Nous faisons le plein puis nous atteignons la ville de Rio Turbio. Nous la traversons pour rejoindre le poste frontière. Un tampon de sortie sur les passeports et 5 minutes plus tard nous remontons en selle. Nous avons 3 km à parcourir pour rejoindre le poste frontière Chilien. Ici aussi, agents super efficaces, l’entrée dans le pays et le contrôle sanitaire ne nous prendrons que 10 minutes. Un record !

 

Nous atteignons finalement Puerto Natales et logeons à l’Hostal Nancy. Nous profitons de notre fin d’après-midi pour retirer des pesos, acheter des provisions et nous renseigner sur les activités dans le parc national Torres del Paine. Nous aimerions y faire du kayak au milieu des icebergs….. Au bureau de l’agence d’excursions, c’est la déception. Les tours en kayak partent du lodge lago Grey. Pour le rejoindre, il faut prendre un bateau durant 30 minutes, marcher durant 4h, dormir au camping ou dans un refuge pour pouvoir pagayer le lendemain. Puis refaire le chemin en sens inverse. Inutile de préciser que tout cela est complètement hors de prix (près de 30 CHF/pers pour le bateau, plus de 50 CHF/pers pour le refuge et 100 CHF/pers pour le kayak). Nous ne pouvons pas transporter notre énorme tente de 6 kilos et toutes nos affaires sur 8 km pour abaisser le prix. Nous abandonnons, dégoutés.

 

Nous soupons dans un comedor local (bistrot de quartier bon marché) et passons une belle nuit dans un lit gigantesque. On a estimé….. il doit faire 2 mètres de large !!

 

Le lendemain, nous suivons la Ruta Del Fin Del Mundo (en référence à la pointe Sud du continent, pas à l’apocalypse !).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous approchons du parc national Torres Del Paine, dont on distingue les éperons granitiques à l’horizon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous cédons le passage à de très nombreux guanacos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous payons l’entrée du parc (21'000 pesos, soit plus de 30 CHF par personne. Aïe !) puis nous suivons une piste jusqu’au camping Las Torres, l’un des seuls qui soit accessible par la route. On nous demande 10'000 pesos par personne pour camper. 30 CHF la nuit de camping, on croit rêver ! L’abus total. La facture passe mal et le sentiment d’arnaque augmente lorsque l’on découvre le camping. Un monde fou, des tables insuffisantes et une interdiction de parquer la moto à côté de la tente. GRRRR….. pas contents les pigeons…. La réputation de ce parc (et de son fameux sentier « W » à parcourir en 3-4 jours de marche) ont fait exploser les prix.

 

La météo est au top aujourd’hui, ce qui ne sera pas le cas demain. Nous montons la tente à toute vitesse, préparons nos affaires de marche et à 13h nous nous lançons à l’assaut du sentier. Nous voulons rejoindre le mirador de base des tours Torres. Selon le plan fourni par le parc, cela demande 4h30 de marche aller. Nous sommes en été et en Patagonie, le soleil se couche très tard, ce qui nous laisse une marge de manœuvre.

 

Nous quittons le camping, traversons un pont et attaquons la montée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soleil tape fort, le thermomètre affiche 23 degrés. Nous nous arrêtons pour pique-niquer en vitesse et repartons. La montée est rude, nous avançons péniblement. Plus loin, nous atteignons un replat. Le sentier continue à flanc de coteau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après moins de 2h, nous atteignons le refuge Chileno. Nous ne nous arrêtons pas et continuons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sentier longe un torrent, alternant montées et descentes durant 3 km. Nous croisons un monde fou. Nous atteignons ensuite une zone de camping. Il nous reste 1 km à parcourir et près de 350 mètres de dénivelés. La montée est ultra raide.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle débute dans une forêt où, par endroit, un ruisseau dévale le sentier, rendant la marche glissante. Plus loin, nous quittons l’ombre des arbres pour attaquer une montée très raide. Comme en Argentine, ici, ils ne connaissent pas les sentiers suisses en zigzag ! Argg…. Le souffle court, nous montons « droit en haut » et glissons sur les pierres qui encombrent le chemin. Nous distinguons les falaises proches des Torres, l’arrivée n’est plus très loin ! Nous traversons un gigantesque pierrier et après 750 mètres de dénivelés et 3h35 de marche, nous atteignons enfin le lac !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vue est sublime ! Nos efforts sont récompensés !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous prenons quelques photos, grignotons une barre de céréales et faisons demi-tour. Il nous reste 10 km à parcourir pour rejoindre le camping. Nous suivons le même chemin qu’à l’aller et glissons sur les mêmes pierres jonchant le sentier abrupt. Nous rencontrons un lièvre patagon, énorme !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A 20h, après 20 km de marche, nous atteignons le camping, exténués mais heureux ! Le soleil ne se couche que vers 22h, nous avions de la marge ! Nous soupons rapidement et filons nous coucher après une douche.

 

Le 24 novembre, nous discutons avec deux motards allemands. Ils ont 70 ans et voyagent durant quelques mois en Amérique du Sud. Nous espérons avoir la même santé qu’eux à leur âge !

 

Nous plions notre tente et suivons la piste menant au camping du Lago Pehoé. Le prix du camping est le même, excessif. Cependant, ici, nous profitons d’un abri individuel et d’une table. Nous choisissons l’un des emplacements les plus éloigné des sanitaires pour avoir la paix. Nous montons la tente à l’abri (pluie annoncée pour ce soir) et pique-niquons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis nous repartons avec une seule moto pour rejoindre l’extrémité Sud du lago Grey.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous traversons un pont suspendu puis marchons durant 2 km sur une immense plage pour admirer d’énormes icebergs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils se détachent du glacier Grey situé au Nord du lac et dérivent jusqu’ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous retournons ensuite au camping, juste avant le début de la pluie. Nous passerons une nuit très silencieuse.

 

Le vendredi, nous avons un invité au déjeuner (pardonnez la tête d’Estelle, c’est le matin !).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce rapace peu farouche nous observera durant de longues minutes. Une fois parti, ce sera au tour de Piou (un petit moineau qui fait pioupiou, on s’en doutait !) de faire son apparition et de quémander des miettes de pain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soleil étant de retour, nous en profitons pour faire une lessive et bricoler les motos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Estelle rédige une partie du carnet de route. Nous profitons du soleil et passons une matinée tranquille. Nous dinons puis nous marchons jusqu’au mirador du Condor.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sentier part du camping et traverse une forêt ravagée par les flammes en 2011. Nous atteignons le sommet après 1h de montée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vue est magnifique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour au camping, c’est un tatou très curieux qui nous rend visite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après inspection de la tente (il fera deux fois le tour) et des motos, il passera entre nos jambes, sous la table de pic-nic.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il nous amuse beaucoup, il semble courir à toute vitesse mais change de direction en permanence.

A nouveau, nous passons une nuit très calme.

 

Le samedi, nous déjeunons à nouveau avec notre ami le rapace. Ensuite, ce sera au tour de Piou, qui picorera nos miettes. Nous démontons la tente, qui commence à accuser le coup du voyage. Les tiges en fibres de verre se fissurent et les élastiques à l’intérieur lâchent….

 

Nous montons sur nos motos et quittons ce cher parc national. Nous suivons une piste sur de nombreux kilomètres puis nous rejoignons le goudron et la ville de Puerto Natales. Nous faisons un arrêt à la banque BancoEstado, mais les distributeurs sont vides, comme souvent le weekend. Nous achetons de la nourriture et de quoi réparer les tiges de notre tente.

 

Nous sortons de la ville et suivons une route monotone et rectiligne jusqu’au parc national Pali Aike. Le guardaparque (gardien du parc) nous accueille. Il vit seul à 30 km du village le plus proche. Et la solitude a des conséquences. Il semble un peu zinzin, change de sujet de discussion en permanence, s’arrête de parler pour observer des guanacos qui se chamaillent, écoute le vent…… Nous l’écoutons, mi- amusés mi- inquiets. Quel drôle de personnage ! Il attrape ensuite sa baguette en bois et nous fait faire le tour des vitrines. Des ossements d’animaux, des pierres de lave ainsi que des silex et des pointes de flèches taillés par les premiers habitants de la région. Nous sommes à présent dans une zone volcanique, peuplée à l’époque par des chasseurs nomades.

 

Après toutes ces explications, nous présentons notre carte d’accès annuelle aux parcs nationaux chiliens (CONAF). Il ne l’a jamais vu ! Il appellera par radio l’un de ses collègues et nous confirmera que nous pouvons entrer gratuitement. Nous apprenons ensuite que le camping du parc n’existe plus. Le guardaparque nous propose alors de dormir dans la maison voisine, en construction. Un vent violent souffle dehors, nous acceptons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous étendons nos matelas dans ce qui sera son futur bureau, faisons à souper sur un établi couvert de peinture et passons une nuit tranquille à l’abri des bourrasques.

 

Le lendemain, nous enfourchons une moto et roulons jusqu’au départ du sentier. Un vent froid souffle, nous enfilons nos bonnets, nos gants, nos capuchons et marchons sur une ancienne coulée de lave, le paysage est incroyable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Différentes mousses et lichens poussent sur les pierres volcaniques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous atteignons le cratère Morada del Diablo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rebroussons chemin puis bifurquons pour atteindre un second cratère, Pozos del Diablo. Il est immense !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus loin, un panneau indique « sortie ». Sur le plan (tout pourri et très mal fait) fourni par le parc, le sentier ne décrit pas une boucle pour revenir au parking. Nous décidons de suivre ce nouveau chemin. Nous longeons une barrière délimitant le contour du parc puis nous traversons à nouveau la gigantesque zone de pierres volcaniques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vent forcit, la température est glaciale. Nous atteignons la moto après une boucle de 2h. Nous enfilons nos casques et roulons jusqu’à un second parking, point de départ d’un autre sentier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous suivons le chemin en passant à proximité d’un guanaco et atteignons la grotte Pali Aike. Des ossements d’animaux préhistoriques y ont été découverts.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous remontons à nouveau en selle pour rejoindre la laguna Ana. De l’autre côté de la lagune, c’est l’Argentine. Le vent est toujours aussi glacial, nous observons les flamands roses à distance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour au bureau du parc, nous chargeons nos motos et repartons. Nous suivons la piste durant 27 km pour ensuite rejoindre une route goudronnée qui nous mène jusqu’en bord de mer. C’est ici, à Punta Delgada, que navigue le ferry menant en Terre de Feu. Coup de bol, le ferry est amarré et nous pouvons embarquer sans attendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous payons 4'500 pesos (7 CHF) par moto et naviguons sur ce bras de mer durant 20 minutes. Nous venons de quitter le continent Sud-Américain et débarquons en Terre de Feu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette île immense a été nommée Tierra de Los Fuegos (terre des feux) lors de sa découverte par Magellan. Les peuples indigènes (Yagans) se réchauffaient autour de grands feux, visibles depuis la mer. Ils vivaient nus et s’enduisaient le corps de graisse de baleine. Leur température corporelle était continuellement à plus de 38°C. La pluie rendait impossible le port de vêtements en peaux d’animaux (pas encore inventé le Gore-Tex !). Le nom de l’île a ensuite un peu changé pour devenir Terre de Feu !

 

Nous empruntons ensuite une piste goudronnée en mauvais état. Il manque de larges morceaux de bitume, nous zigzaguons pour éviter les nombreux trous. Nous atteignons finalement la ville de Porvenir et logeons à l’hôtel España.

 

Le 28 novembre, nous suivons une piste sinueuse et vallonnée en direction de la frontière argentine. Cette région est divisée entre les deux pays. Nous atteignons ensuite le bord de mer, où un vent très violent souffle en latéral. Arrivés à San Sebastian, nous passons la frontière chilienne, roulons durant 14 km supplémentaires puis atteignons le poste frontière argentin. Après la traditionnelle paperasse, nous continuons notre route, malgré des rafales ultra violentes. Nous tentons tant bien que mal de garder notre trajectoire. Le paysage est plat, aucune végétation. On s’agace….. super la fin du monde ! C’est moche et ça souffle comme jamais ! Mais qui est l’idiot qui a eu l’idée de venir s’installer ici et d’y fonder une ville ? Nous nous abritons sous un pont pour pique-niquer à toute vitesse, le vent nous rend dingues.  Nos casques ont une énorme prise au vent, nous devons nous crisper pour éviter des à-coups violents dans la nuque. Estelle en a marre, ce vent la rend folle ! Plus loin, nous sommes stoppés par un barrage de police. L’agent nous dit de rouler prudemment, il y a beaucoup de vent ! Sérieux !!?? Selon lui, d’habitude, ce n’est pas comme ça. Estelle s’agace encore plus. Ben voyons ! D’habitude ce n’est pas comme ça ! Regarde autour de toi mec ! Y’a pas un seul arbre, pas un seul animal ! Bien sûr que c’est toujours comme ça ! Moche, venteux et froid !

 

Nous continuons péniblement notre avancée. A proximité de Tolhuin, de petites forêts apparaissent enfin. Les arbres sont recouverts de mousse, le paysage change, on apprécie. Nous atteignons la ville et plantons notre tente au camping Hain. Nous sommes au bord du lac Fagnano, qui est déchainé. D’énormes vagues s’écrasent sur le rivage alors que nous visitons le camping, 100% recyclé et artistique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vent se calmera enfin durant la nuit.

 

Le 29 novembre, pas de vent ! Incroyable ! Nous plions la tente et repartons. La conduite est beaucoup plus agréable, pas besoin de se battre en permanence contre les rafales. Après 50 km, nous franchissons un col. Il pleut quelques gouttes et le thermomètre affiche 7°C. Nous redescendons dans une vallée puis nous atteignons le bord du canal de Beagle, qui relie l’Atlantique et le Pacifique. Après 100 km, nous atteignons enfin l’extrême Sud de notre périple, Ushuaïa !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réputée pour être la ville la plus australe au monde, la ville Del Fin Del Mundo ! En vrai, ce n’est pas tout à fait exact. De l’autre côté du canal, plus au Sud, se trouve la ville chilienne de Puerto Williams, qui est donc plus au Sud qu’Ushuaïa…. Et nous ne sommes plus sur le continent, puisque nous avons embarqué pour l’île de Terre de Feu. Bref, un joli coup de pub de la part des argentins, qui ont bien compris comment tirer profit de cette ville désormais célèbre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous trouvons une chambre à la Posada del Pinguino. Nous dinons le menu du jour dans un restaurant puis nous nous baladons en ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour à l’hôtel, nous étudions sur internet les différentes possibilités d’excursions en bateau. Nous choisissons une sortie en voilier et retournons en ville pour réserver notre sortie en mer. Si le temps le permet, nous naviguerons durant 4h demain après-midi.

Nous profitons de notre fin d’après-midi pour publier un nouveau carnet de route.

 

Le lendemain, nous nous baladons en ville et achetons quelques provisions. A 13h30, nous retournons à l’agence pour notre sortie en mer. Elle est annulée, il y a trop de vent. Mais c’est la Terre de Feu, y’a toujours du vent !! Le capitaine ne veut pas une alignée de touristes qui vomissent sur le pont, nous reportons donc notre sortie à demain matin. Nous profitons de notre après-midi pour publier la compilation vidéo du Paraguay. Nous sortons ensuite à la recherche d’un restaurant pour souper. Les prix sont complètement exagérés, nous changeons nos plans et nous nous offrons un énorme apéro dans notre chambre !

 

Le 1er décembre, il pleut des cordes. Nous vidons notre chambre et entreposons nos affaires dans un coin de l’hôtel. Nous marchons ensuite jusqu’à l’agence Tres Marias. La gérante appelle le capitaine, il ne sait pas si il va sortir en mer ou pas. Cela dépend des passagers… ?! Nous sommes 10, tous motivés ! Personne n’est en sucre, nous survivrons à la pluie. La sortie est donc confirmée. Nous marchons jusqu’au port et embarquons sur le IF.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Adrien se renseigne sur la marque et le modèle du voilier…. Il n’y en a pas, il a été construit sur mesure par le propriétaire. Voilà voilà….. Nous enfilons des combinaisons pluie et quittons le port, au moteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Estelle a pris un médicament contre le mal de mer. Nous naviguons jusqu’à une petite île peuplée de cormorans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Derrière nous, nous admirons Ushuaïa et la chaine montagneuse Martial, saupoudrée de neige fraiche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pluie redouble d’intensité alors que nous abordons une seconde île, peuplée de lions de mer (otaries). Nous sommes chanceux, selon le guide, les otaries ne supportent pas la pluie, trop chaude. Elles se réfugient habituellement dans l’eau. Pourtant, nous pouvons en observer plusieurs, qui se reposent ou jouent sur les rochers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous repartons en direction de l’île H. La compagnie Tres Marias est la seule autorisée à y accoster. C’est l’une des raisons (et également la très petite taille du bateau) qui nous ont fait choisir cette agence. Nous ne voulions pas être entassés sur un énorme catamaran avec 200 autres touristes.

 

La pluie cesse soudainement et les nuages se dissipent très rapidement. La météo patagonne nous impressionne toujours autant. Nous la comparons au climat islandais, en pire. Il pleut plus, il fait plus froid et le vent souffle bien plus fort. De même, le soleil apparait (et disparait) aussi très rapidement.

 

Nous accostons sur l’île H. Le débarquement est scabreux, nous devons escalader une petite falaise pour rejoindre une zone plus plane.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois tout le monde débarqué, nous suivons le guide et écoutons ses nombreuses explications sur la faune et la flore de l’île.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus loin, nous observons une autre colonie de cormorans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De l’autre côté du canal de Beagle, c’est le Chili. Et encore plus au Sud (1’000 km), l’Antarctique !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous réembarquons sur le voilier, buvons un thé chaud et prenons la vague du retour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pluie ayant cessé, nous profitons d’une vue plus dégagée sur Ushuaïa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chouette sortie ! L’absence de vent a bien convenu à Estelle, qui souffre habituellement du mal de mer.

 

Nous arrivons au port et retournons récupérer nos affaires à l’hôtel. Nous nous équipons, peu motivés. Nous n’avons que 15 km à parcourir pour rejoindre le parc national Tierra del Fuego, à l’Ouest de la ville. Nous passerons plus de temps à nous habiller et à charger les motos qu’à rouler.

 

Selon le capitaine du voilier, la pluie fera son retour à 15h. Il est 14h30, nous nous dépêchons. Nous payons l’entrée au parc et rejoignons l’un des campings gratuits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous plantons la tente et à 15h30, alors qu’Adrien plante la dernière sardine, il commence à pleuvoir. Nous nous réfugions à l’intérieur et attendons durant une heure la fin de l’averse.

 

Nous profitons de l’éclaircie pour nous balader sur les sentiers environnants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous suivons un sentier jusqu’à la laguna Negra puis traversons une forêt moussue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus loin, nous découvrons un gigantesque barrage de castors. ENORME !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pluie recommence à tomber, nous retournons en vitesse nous abriter dans la tente. Nous cuisinerons à l’intérieur (sport !) et passerons une nuit tranquille mais froide au bord de la rivière.

 

Le vendredi, nous partons pour une journée de marche. Le soleil est omniprésent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous marchons en forêt puis nous longeons la côte. La plage regorge de coquillages et autres mollusques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous pique-niquons en bord de mer et repartons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 8 km, nous atteignons la jetée de la baie Ensanada.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En face (au fond), c’est le Chili et l’île de Navarino.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour le retour, nous suivons la route principale durant 12 km. Nous arrivons à la tente après 7h de marche. La pluie fait son retour, nous cuisinons à nouveau à l’intérieur, sans gestes brusques pour ne pas enflammer notre maison de tissu. Un vent très violent soufflera durant la nuit, faisant bouger la tente dans tous les sens.

 

Le 3 décembre, le ciel est relativement dégagé, nous chargeons nos motos et quittons le parc national.  Nous traversons Ushuaïa, passons le col (il ne fait que 7°C) et arrivons à Tolhuin. A la station essence, Adrien remarque un problème sur la moto d’Estelle. La barre de maintien des valises latérales a lâché. Nous faisons le plein et roulons jusqu’au mécano du coin, à 500 mètres. Nous débranchons la batterie et déchargeons la moto. Il ressoude ensuite la pièce défectueuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous en profitons pour lui demander de ressouder une autre partie du support de valise, qui a cédé il y a quelques temps (réparation de fortune avec une rondelle depuis). Le matériel Touratech ne tient vraiment pas le choc.

 

Nous repartons ensuite en direction de Rio Grande. La pluie commence à tomber, nous enfilons nos combis pluie. Nous faisons à nouveau le plein à Rio Grande puis quittons la ville. La pluie s’arrête alors que nous approchons du poste frontière de San Sebastian. Paperasse habituelle (nous en sommes à notre douzième passage de frontière en Amérique du Sud !). Comme souvent, il manque des tampons, nous vérifions et comparons systématiquement nos documents respectifs.

 

Nous empruntons ensuite une piste détrempée jusqu’au poste frontière Chilien. Nouveaux tampons sur les passeports, nouveaux documents d’importation temporaire pour les motos et nous repartons.

 

De larges flaques entravent la piste (en travaux), nous (motos + pilotes) sommes rapidement couverts de boue. Les véhicules qui nous croisent nous aspergent d’eau boueuse. Arrivé à une intersection, nous quittons la piste en travaux et roulons durant 16 km pour atteindre la Réserve Pinguino Rey. Le prix de l’entrée est fixé à presque 20 CHF par personne mais les visiteurs qui ressortent semblent ravis. Nous payons l’entrée, écoutons les recommandations du gardien puis marchons jusqu’à une première colonie !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Incroyable incroyable incroyable !!!! Des pingouins, des vrais !!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Normalement, ils ne vivent qu’en Antarctique ! Grâce à la réserve marine attenante (interdiction de pêcher), une colonie a décidé de s’installer ici pour se reproduire.

 

Nous n’en croyons pas nos yeux ! Des pingouins rois, en vrai. Ils sont un peu plus petits que leurs cousins Empereurs, mais la rencontre est magique !

 

Par contre, des pingouins sur de l’herbe, c’est assez bizarre !

 

Sur notre gauche, une masse brune semble se déplacer. Qu’est-ce que c’est ?? Après une observation attentive, nous découvrons l’identité de cet animal caché par la végétation : un castor ! En bord de mer ! C’est à n’y rien comprendre. Il n’y a pas un seul arbre à des kilomètres à la ronde ! Selon le gardien, il vit dans des petites cavités creusées dans les rives de la rivière toute proche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous déplaçons ensuite pour observer le second groupe de pingouins.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux mâles se chamaillent aux côtés d’une femelle indifférente. Les coups de becs et d’ailes sont violents. Les baffes s’enchaînent, les coups claquent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous passons plus d’une heure à observer ces volatiles. A 18h30, heure de fermeture, nous quittons le parc, encore émerveillés ! Nous avons vu des pingouins sans dépenser 20'000 CHF (oui oui c’est le prix !) pour une croisière en Antarctique ! Quelle chance !

 

Nous remontons sur nos motos, nous avons encore 100 km à parcourir pour rejoindre Porvenir. Nous longeons le bord de mer. Face à nous, un immense mur d’eau ! A mi-parcours, la pluie nous trempe en quelques minutes. La Patagonie se dévoile sous toutes ces facettes en même temps. Il pleut à verse, le vent souffle en latéral et le soleil, qui commence sa lente descente, nous ébloui ! Nous pilotons tant bien que mal, tentons d’essuyer la boue projetée sur nos visières, plissons les yeux pour distinguer la piste. Le soleil dans les yeux alors qu’il pleut….. c’est fou la Patagonie. Après 20 minutes en plein mix de climat, la pluie s’arrête. Seul un vent glacial subsiste.

 

Nous rejoignons aussi vite que possible la ville et nous nous réfugions à nouveau à l’hôtel España. Nous sommes trempés et frigorifiés. Nous rincerons une bonne partie de nos affaires sous la douche avant de souper au restaurant de l’hôtel. Nous avons parcouru plus de 480 km aujourd’hui, ressoudé une barre métallique, traversé une frontière et vu des pingouins. Folle journée.

 

Demain, nous quitterons la Terre de Feu pour rejoindre le continent. Nous remonterons ensuite l’Argentine via la côte Atlantique avant de traverser le pays et les Andes pour atteindre le Chili.

Suite à plusieurs demandes (justifiées) de nos parents, de nos amis et du chef d'Estelle (ça rigole pas !), nous lançons une nouveauté ! Vous êtes nombreux à faire des recherches sur Google Maps pour nous repérer. Nous avons donc créé une carte de notre itinéraire, en relation avec chaque carnet. Cliquez ici !

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