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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

De la Bolivie au Paraguay

Lundi 12 septembre 2016, nous récupérons nos motos au parking de l’agence Alejandro Adventure, faisons le plein et profitons d’une station de lavage pour les décrasser. Nous utilisons un chiffon imbibé d’essence pour retirer les plus grosses tâches de goudron. Lors du lavage à haute pression, Adrien remarque que le châssis arrière de la GS d’Estelle bouge à nouveau beaucoup : il manque encore une vis ! Direction l’atelier moto à côté de notre hôtel pour réparer. Sur les 4 vis d’origine maintenant  le berceau arrière, 3 ont été perdues et remplacées…

 

Le lendemain, nous quittons Tupiza par une belle route goudronnée. Après plusieurs kilomètres, nous la quittons pour rejoindre une piste poussiéreuse dans un canyon. En fin de matinée, à 3’700m, la moto d’Estelle cafouille et perd les gaz. Nous échangeons de monture pour qu’Adrien puisse déterminer l’origine de la panne. Après plusieurs kilomètres durant lesquels la GS avance par à-coups, nous atteignons un col et décidons de nous arrêter pour inspecter la moto.

 

A peine les moteurs éteints, un sifflement se fait entendre….. crevaison au pneu arrière sur la GS d’Adrien. Un gros caillou a déchiré le pneu et percé la chambre à air. La journée va être longue…. Pendant qu’Estelle souffle et tapote les connecteurs électriques de sa moto, Adrien tente de boucher sa chambre à air avec le spray anti-crevaison. Bizarrement, cette fois, cela ne fonctionne pas. La mousse injectée dans la chambre à air ressort par le trou, impossible de colmater la fuite. On comprend trop tard que la chambre à air n’est pas suffisamment dégonflée pour pouvoir utiliser le spray sous pression. Nous aurions dû attendre qu’elle soit très dégonflée avant d’utiliser le spray. Il y a désormais trop de pression, ce qui fait ressortir la mousse. Après de longues minutes d’attente, la mousse semble enfin faire effet. Nous sommes au milieu de rien, le dernier village traversé comportait à peine 3 maisons en pierres.

 

Nous décidons de continuer lentement, Tarija est à 70 km. Après moins de 5 kilomètres, il faut se rendre à l’évidence, la réparation ne tient pas, on a désormais à faire à une crevaison lente. Nous nous arrêtons à proximité d’une ferme et demandons l’autorisation de rester quelques heures à côté de leur maison. Il est presque 13h, nous dinons en vitesse puis nous démontons la roue arrière. Selon la propriétaire, il y a un garage à 12 km. Adrien charge sa roue arrière sur la moto d’Estelle (qui fonctionne à nouveau parfaitement…. Caprice de GS ?) puis roule jusqu’au garage. Estelle attendra à côté de la ferme durant 1h jusqu’à son retour. Après réparation du pneu, remplacement de la chambre à air et remontage de la roue, nous repartons.

 

Il existe deux itinéraires pour rejoindre Tarija. Une piste en terre qui gravit un col ou une route goudronnée, plus longue. On a notre dose de soucis pour la journée, on prend la route de contournement. Nous sommes à 3’400 mètres, nous avalons les kilomètres en descente pour atteindre la ville à 1’900m. Nous empruntons un tunnel, chose rare en Bolivie (le seul et unique depuis notre arrivée dans le pays). Nous atteignons enfin Tarija et l’hôtel Ponelona (trouvé sur Booking). Le propriétaire, un Néerlandais, est tout surpris de nous voir, il a ouvert son établissement il y a deux jours, nous sommes ses premiers clients. Il est un peu en panique, rien n’est vraiment prêt. Il court dans tous les sens, nous ouvre la porte du garage, nous montre la petite maison dans laquelle nous logerons, s’excuse pour l’une des porte manquante qu’il est en train de repeindre et part à la recherche d’un livre vierge pour nous enregistrer. Nous sommes agréablement surpris. Pour 140 BOB, nous avons une cuisine toute équipée, un petit salon, une immense salle de bain et une jolie chambre en mezzanine. Le soir, nous prenons le bus pour rejoindre le centre-ville et souper au restaurant.

 

Après une bonne nuit de sommeil, nous décidons de profiter du lieu en restant une nuit supplémentaire. Seul inconvénient, les chiens du proprio, qui nous obligent à sortir armés d’un balai et de cailloux pour les éloigner. Nous profitons du wifi pour publier un nouveau carnet de route et préparer  notre itinéraire Paraguayen. Nous retournons ensuite en ville, dinons d’empanadas (chaussons à la viande et aux légumes) achetés dans la rue et dégustons de succulents XX (pâte feuilletée avec de la confiture de lait) pour le dessert. Nous faisons quelques provisions puis rentrons. Nous utiliserons la cuisine pour nous préparer un petit souper.

 

Le jeudi, nous partons volontairement tard, le fils du propriétaire nous a informé que la route jusqu’à Villamontes est en travaux. La route est coupée de 7h à 11h et de 13h à 17h. Nous atteignons la zone de travaux à 10h30 et patientons. A 10h50, tous les taxis démarrent et s’agglutinent devant la barrière. L’ouvrier nous prévient : les taxis veulent vous écraser…. On a bien conscience du problème, merci ! Lorsqu’Estelle tente de redresser sa moto, impossible, quelque chose bloque. Coup d’œil en arrière, un taxi est appuyé contre son garde-boue arrière. Déjà tendue à l’idée des kilomètres pénibles à venir, voilà le détail qui l’a fait exploser. Elle hurle sur le chauffeur (en français !), lui ordonne de reculer avec de grands gestes menaçants puis inspecte sa moto. Nouvelle pluie d’insultes lorsqu’elle remarque qu’il s’est tellement appuyé sur la moto que la plaque d’immatriculation est sortie de son support. Elle tient cependant encore en place grâce à la vis de fixation que nous avions fixée en plein centre. Il est 10h55, craignant que la situation n’empire, l’ouvrier ouvre la barrière et c’est le début de la course. Plein gaz, nous fonçons sur plusieurs kilomètres pour distancer les décérébrés en taxi. Nous y parvenons facilement, la piste est étroite et défoncée.

 

Nous rejoignons une route goudronnée puis la ville d’Entre Rios. Ici aussi, la route est en travaux. Elle est fermée jusqu’à 17h. L’ouvrier nous conseille de suivre une ambulance, elle va emprunter une piste de déviation. Nous faisons demi-tour et suivons le véhicule de secours qui, heureusement pour nous, n’est pas pressé. Nous empruntons une petite piste étroite et difficile. Elle est sinueuse, sablonneuse et vallonnée. Il nous faudra 50 minutes pour parcourir 20 km, ce qui laisse imaginer de son état. Les gués profonds alternent avec des zones de sable. Nous serrons au maximum au bord pour laisser passer les véhicules en sens inverse. Nous rejoignons, éreintés et transpirants, la piste principale. Elle est toujours en travaux, mais le passage est ouvert. Nous parcourons des dizaines de kilomètres sur une piste parfois défoncée. Les virages sont piégeurs, couverts de sable. Nous nous arrêtons dans un bosquet pour pique-niquer puis nous repartons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La végétation est à nouveau très dense, nous laissons les hauts-plateaux derrière nous. Nous atteignons Villamontes après avoir suivi un canyon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fait 30 degrés lorsque nous parquons nos motos dans la cour intérieure de l’hôtel Iguazu. Nous passons notre dernière nuit en Bolivie, nous serons demain au Paraguay.

 

Le 16 septembre, nous avons 350 kilomètres à faire pour rejoindre Mariscal Estigarribia, au Paraguay. Par sécurité, nous emportons 10 litres d’essence supplémentaire, l’état de la piste risque d’être difficile après la frontière.

 

Nous roulons durant 70 km, dont 15 constitué d’ornières en gravier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pour rejoindre Ibibobo et le poste d’Immigration Bolivien. Un panneau indique la présence du bureau à 200 mètres, nous passerons tout droit avant de revenir sur nos pas à sa recherche. Le voilà, au fond, caché derrière les arbres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous serons ensuite sermonnés par les deux fonctionnaires boliviens. Il manque un tampon sur nos passeports. Nous avons bien le tampon d’entrée, mais pas celui concernant la durée de séjour accordée dans le pays. Il s’agit d’un vulgaire chiffre 30 entouré par un rond, qui est apposé sur les documents d’importation des motos (en l’occurrence deux tampons « 30 », puisque nous avons obtenu deux mois dans le pays). Cela ne suffit pas, il faut également deux tampons 30 dans chaque passeport. Nous expliquons, agacés mais polis, que nous ne savions que cela était également nécessaire dans les passeports et que la faute devrait se porter sur le fonctionnaire qui a tamponné nos passeports à l’entrée du pays. Compréhensifs mais pointilleux, les agents nous laissent repartir.

 

Adrien négocie ensuite le taux de change de nos bolivianos en guaranis paraguayens. Trois bureaux se partagent le marché, il fait marcher la concurrence et obtient 1'890'000 Gs avec 2'450 BOB. Le taux officiel est à 800, nous l’avons eu à 771, ce qui est correct. Après avoir divisé par 600 au Chili, par 7 en Bolivie, nous devons désormais diviser par environ 5000 au Paraguay pour connaitre les prix en francs suisses. Nous achetons des sucettes avec les 7 BOB qui nous restent puis nous reprenons la route pour atteindre le poste frontière, à 50 kilomètres de là.

 

Au poste de douane bolivien, nous rendons les documents d’importation temporaire des motos. Le douanier jette un coup d’œil ultra rapide aux motos et nous avançons de 200 mètres jusqu’au bureau d’immigration paraguayen d'Infante Rivarola. Nous sommes reçus très chaleureusement par deux fonctionnaires (Bienvenue au Paraguay !) qui nous bombardent de questions sur notre itinéraire. Ils remplissent ensuite un formulaire d’importation temporaire pour chacune de nos motos puis les tamponnent de  la date du jour… ou pas ! Nous sommes le 16, mais un gros 13 est tamponné sur le document de la GS d’Estelle…. La roulette du tampon a glissé, il ajoute du coup un 16 juste à côté. Espérons que cela ne pose pas de problème pour la sortie du pays. Nous obtenons une durée d’importation de 90 jours, ce qui est amplement suffisant. Les deux agents nous informent ensuite que la route est en mauvais état, que peu de véhicules y circulent et qu’il y fait très chaud. Nous avons suffisamment d’eau, ils nous conseillent de revenir ici leur demander de l’aide en cas de panne ou de problème. C’est la première fois que des agents des douanes s’inquiète autant pour nous, nous apprécions. Nous rejoignons ensuite le poste de douane Paraguayen, 50 mètres plus loin. Un agent arrive (il habite la maison d’en face apparemment et ne sort que lorsque quelqu’un se présente à son bureau….. cela en dit long sur le nombre de personnes qui utilisent ce poste frontière). Il tamponne ultra rapidement nos passeports et ça y est, nous sommes au Paraguay !

 

Nous profitons de l’ombre offerte par l’immense toit recouvrant le poste frontière pour pique-niquer, puis nous reprenons la route. Le paysage est plat, pas même une petite montagne à l’horizon. Les Andes sont désormais loin derrière nous, nous les retrouverons dans plusieurs semaines. A peine reparti, nous sommes arrêtés à un poste militaire. Les « camouflés » veulent connaitre notre itinéraire et demandent à voir nos passeports et les documents d’importation des motos. Tout est en ordre, nous repartons. Nous parcourons 110 km de goudron rectiligne sous une forte chaleur. Le paysage est ennuyeux, un long ruban de goudron entouré d’arbres et de plaines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A 120 km de l’arrivée, début de la zone difficile, annoncée par un immense panneau : prochains 120 km en travaux…. Des trous font leur apparitions au milieu du goudron, de plus en plus gros et profonds. Nous zigzaguons sur toute la largeur de la route pour éviter d’immenses cratères, parfois profonds de plus de 40 centimètres ! Petit à petit, le goudron disparait et laisse place à une piste en terre dure. Plus loin, déviation, la route principale est en cours de goudronnage. Nous avançons difficilement dans du sable parfois profond. La moto d’Estelle refait des siennes et cafouille à nouveau. Les gaz se coupent par intermittence, il faut attendre 3-4 secondes pour pouvoir à nouveau accélérer. Impossible de s’arrêter maintenant, on continue.  Des camions citernes arrosent la piste par endroits pour éviter la formation de poussière, ce qui ne nous aide pas. La piste est désormais glissante. Il fait toujours aussi chaud, le thermomètre avoisine les 34 degrés. Nous dépassons très péniblement quelques camions, la visibilité est presque réduite à néant après leur passage dans des zones sablonneuses. Après 350 km et 5h30 de route, nous arrivons dégoulinants de transpiration à Mariscal Estigarribia. Nous logeons à l’hôtel La Estancia, délabré et envahi de moustiques sanguinaires. L’anti moustique ne suffira pas, nous serons dévorés durant la nuit.

 

Samedi, nous repartons à 8h30, il fait déjà 30 degrés. On regretterait presque l’Altiplano et ses températures glaciales. Nous avons 400 km à parcourir pour rejoindre Concepciòn. La route est entièrement goudronnée, mais certains tronçons sont à nouveau en piteux état. D’énormes trous nous obligent à zigzaguer, tout en évitant les camions qui font de même en sens inverse. Le paysage est toujours aussi monotone. Plusieurs feux sévissent en bordure de route (chaleur trop intense ou déforestation volontaire ?). Nous traversons les fumées, la température augmente encore.

 

 A mi-parcours, nous nous arrêtons pour faire le plein, il fait 37 degrés. Nous sommes rapidement entourés par une foule de curieux, téléphone à la main. Les photos s’enchainent. Un papa nous demande l’autorisation de faire poser son fils sur la moto, le gamin est apeuré par la foule qui l’observe et le photographie. Nous repartons en forçant un peu le passage, nous ne voulons pas attendre en plein soleil que toutes les personnes présentes fassent des photos.

 

Nous nous arrêtons en dehors de la ville à l’ombre d’un arbre, pour pique-niquer. Durant l’après-midi, la moto d’Estelle cafouillera à nouveau tandis qu’un message d’erreur s’affichera sur celle d’Adrien. Il fait 38 degrés, nous ne rêvons que d’une douche et d’un endroit frais. Nous traversons l’immense pont (le plus grand du pays) qui enjambe le Rio Paraguay et nous atteignons Concepciòn.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la recherche d’un hôtel dans le centre-ville, nous sommes arrêtés par une dame en scooter. Elle sort son téléphone et….. nous prend en photo. On sourit pour être gentil mais l’on repart rapidement, la chaleur est intenable. Nous trouvons une chambre fraiche et spacieuse (un lit double et 4 lits simples !) à l’hôtel Victoria pour 100'000 Gs. Nous profitons du wifi pour faire quelques recherches concernant les bugs de nos GS. Selon le carnet du constructeur, le moteur de la GS d’Adrien est en mode « secours ». Il se préserve en ne donnant pas toute la puissance disponible. Adrien ne ressent aucune différence. Il faut se rendre chez un concessionnaire BMW…. Il n’y en a pas au Paraguay, nos motos attendront l’Argentine. Pour la GS d’Estelle, nous notons toute une liste de problèmes et de réparations possibles. Il faudra tester.

 

En fin d’après-midi, nous retrouvons un élément inconnu en Bolivie. Un centre commercial ! Nous faisons quelques achats, retirons de l’argent dans un bancomat (300 CHF de retrait max, 5 CHF de frais) puis nous retournons à l’hôtel. Après un bon repas au restaurant, nous passerons une nuit bruyante. Nous sommes samedi soir, il semble que les Paraguayens adorent parader toute la nuit en voiture avec la musique à fond !

 

Le 18 septembre, nous partons à 8h, le thermomètre affiche 30 degrés. Chaude journée en perspective. Notre destination est la réserve naturelle Laguna Blanca, à 250 km. Le paysage un peu sec du Chaco (région du Nord du pays) laisse peu à peu place à de grandes plaines agricoles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les ranchs sont énormes, tout comme les troupeaux de vaches qui nous observent depuis le bord de la route. Plus loin, après une déforestation intensive, ce sont des plantations de palmiers à huile et de soja que nous rencontrons.

 

Après 150 km, nouveaux cafouillage sur la GS d’Estelle. On teste le contacteur de béquille, on vérifie une éventuelle dépressurisation du réservoir d’essence, on souffle les connecteurs électriques et on réinitialise le programme d’injection. Rien n’y fait, elle continue de couper les gaz à intervalles réguliers. 30 km avant notre destination, nous  quittons le goudron pour une piste de terre ocre. Nouvelle zone de travaux, nouvelle déviation. Nous roulons prudemment dans les zones sablonneuses puis nous atteignons l’entrée de la réserve. Il nous reste 3 km sur une petite piste étroite. Certains virages sont composés de sable profond, nous évitons plusieurs chutes. Nous arrivons en toute fin de matinée, il fait 37 degrés, nous sommes dégoulinants de transpiration. Mais la beauté du lieu valait ces efforts…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous occuperons notre après-midi entre la plage, les chaises longues et le hamac….

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