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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

Uyuni, la suite des ennuis

Mardi 30 août 2016, nous profitons d’un excellent buffet de déjeuner à l’hôtel. On se régale et on abuse sur les quantités ingurgitées.

Aujourd’hui, le ciel est d’un bleu immaculé, il n’y a pas de vent. Parfait !

Nous enfourchons nos motos direction la station de lavage. Nous voulons nous rendre sur le Salar, les flashs vont crépiter, il faut qu’elles brillent. Après avoir longuement expliqué que non, on ne voulait pas de savon et que oui, c’est juste pour les rincer, nos motos ressortent relativement propres.

 

Nous prenons la route du salar, impatients. Arrivés à Colchani, nous bifurquons en direction du lac. Et soudain, le voilà !!! Majestueux !! L’horizon est sans fin, la luminosité aveuglante ! Il n’a pas plu, le salar est sec. On se lance !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous accélérons !! Incroyable !! On y est ! On le fait ! Après plus de 6'000 km, nous voilà enfin sur l’un des lieux les plus attendus de notre voyage !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il n’y a aucune piste, nous ressentons enfin ce super sentiment de liberté dont nous rêvions ! La Liberté, la Vraie !! Aucune route, aucun panneau, personne !!! Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire de grandes courbes pour s’éloigner puis se rapprocher à toute vitesse l’un de l’autre. Le ressenti est incomparable ! Génialissime ! On adore !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le salar mesure 100 km sur 150 km, ce qui en fait le plus vaste désert de sel au monde. De quoi avoir suffisamment de place pour s’amuser.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme toutes les personnes qui ont la chance d’être présentes ici, on ne peut s’empêcher de faire des vidéos « alacon ». Pour notre défense, nous sommes à plus de 3’600 m d’altitude, nos pauvres neurones ne sont pas à 100%. De plus, que faire d’autre au milieu de nulle part que de s’amuser à faire des bêtises ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous reprenons ensuite la direction de l’île Incahuasi. Adrien tente une pointe de vitesse. Sa GS, chargée et en altitude, ne dépassera pas les 160 km/h. Estelle se contentera d’une pointe à 140. Le sol est totalement plat, nous n’avons même pas besoin de regarder devant nous !

 

A nouveau, ce sentiment de liberté nous fascine !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous distinguons l’île au loin, elle semble flotter sur l’eau. L’effet d’optique est surprenant et très amusant. Nous l’atteignons et profitons de tables en sel pour manger notre pic-nic, un peu à l’écart des hordes de touristes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous contournons ensuite cette île de corail pour déambuler parmi les cactus candélabres, toujours à l’écart de la foule. Les plus grands mesurent 12 mètres et affichent un âge respectable de 1'200 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous prenons ensuite la direction de l’île Pescado, identique à la première mais délaissée par les touristes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après de très nombreux arrêts photo, nous prenons la route (y’a pas de route) du retour.

 

Et toujours ce fabuleux sentiment de liberté. Nous avons 100 km à parcourir pour rejoindre la rive. Nous distinguons à peine les montagnes entourant le salar. Nous entrons la destination dans le GPS et tentons de garder le cap. L’envie de zigzaguer est la plus forte, les courbes s’enchaînent à une vitesse folle ! Waouh !

 

Arrivés proche de la rive, Adrien décide ne pas suivre la trace prise à l’aller et tente un raccourci. Mauvaise idée, le sol est mou et humide, on s’enfonce dans une drôle de terre salée. Gaz en grand, nous gardons notre vitesse pour ne pas nous embourber. La gerbe de terre derrière nos motos atteint les deux mètres de haut….. nous rejoignons rapidement la piste d’accès au salar !! Ouf ! On n’est pas passé loin d’un plantage conséquent !!

 

Un peu plus loin, une statue de sel salue le Dakar, qui passe désormais par le salar chaque année. Nous aussi, on l’a fait !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous prenons la direction d’une nouvelle station de lavage pour un dessalage en règle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici, chacun nettoie soi-même son véhicule. On nous apporte un seau rempli de savon, une grosse brosse et un énorme tuyau. Le débit est incroyable, lorsque l’on tente de remplir le seau d’eau, il s’envole à plusieurs mètres sous l’effet de la pression. On rigole bien et on prend le temps de shampooiner et de rincer nos motos à fond. Le lavage de ce matin n’a pas effacé toutes les conséquences de la tempête de sable. Ce nouveau lavage à très haute pression nous assure un rendu parfait.

 

De retour à l’hôtel, nous pouvons découvrir l’étendue des dégâts. Le sabot moteur d’Estelle est fortement enfoncé (très gros caillou sur la route entre Rurrenabaque et Coroico, derrière un camion et dans un épais nuage de poussière). Le moteur n’est pas touché, mais même la fixation est tordue. Nous laissons ce problème de côté, on avisera lorsque l’on atteindra un garage BMW en Argentine pour faire la vidange.

 

Le reste du constat est uniforme. Nos motos sont limées, poncées, sablées. Plus rien ne brille, tous le carénage est désormais mat. Les pare-brise ont perdu de leur transparence et nos valises latérales en alu sont également mattes. Il nous faut relativiser. En Suisse, certaines personnes paient très cher pour avoir un véhicule de couleur mat. Nous, on l’a eu pour gratuit ! Mais dans la douleur tout de même, il faut le reconnaître.

 

Adrien démonte ensuite les filtres à air. Nous avons fait 1'200 km depuis le dernier nettoyage, dont la moitié sur du goudron. Ils sont dans un état lamentable, la tempête de sable les a entièrement bouchés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nettoyage et séchage près du radiateur durant la nuit. Nous profitons également de la douche chaude pour nous laver en communauté : pilotes, bottes, casques, sacs à dos, sacs de réservoir, sacs étanches, équipements motos, gants ! Tout le monde est débarrassé de sa poussière et suspendu dans la douche pour séchage (sauf les deux pilotes, ils passeront la nuit dans un lit douillet !).

 

Le mercredi, Adrien graisse les filtres BMC. Ils sont supers, on est très contents d’avoir remplacé les filtres BMW d’origine en carton par ces filtres lavables ! Ensuite, vérification complète des motos et surtout du serrage des vis. Graissage des chaînes, contrôle du niveau d’huile, tout est bon. Nos motos sont prêtes pour de nouvelles aventures !

 

Nous partons ensuite à pied pour visiter le cimetière des trains d’Uyuni. A peine sortis de l’hôtel, nous rencontrons deux Zurichois qui voyagent avec un énorme Mercedes Sprinter. Ils reviennent du Sud Lipez, notre prochaine destination. Nous en profitons pour obtenir un maximum d’informations sur l’état des pistes et la présence de station essence. Leur compte rendu n’est pas très engageant, les pistes sont défoncées (leur bus n’est pas 4x4) et il n’y a pas de station essence. Nous prenons bonne note de leurs conseils et marchons en direction du dépôt ferroviaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici rouillent plusieurs wagons et de nombreuses locomotives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour en ville, nous nous informons des conditions dans le Sud Lipez auprès de nombreuses agences touristiques. Les pistes sont en mauvais état mais en moto cela passe. Par contre, il n’y a aucune station-service après San Cristobal. On nous indique cependant que quelques magasins vendent des bidons d’essence à Quetena Chico. Nous ne nous sentons pas suffisamment prêts pour cette expédition, nous choisissons donc de passer une nuit de plus à Uyuni pour tout préparer en détail.

 

Le lendemain, le constat est fait. Nous avons 850 km à parcourir. Nos motos ont une autonomie d’environ 350 km, moins de 450 km en ajoutant nos jerricans de 2 fois 2 litres. Nous achetons donc deux jerricans de 10 litres (des bidons de récup’ en fait) et des sangles boliviennes (chambres à air de camion recyclées). Nous passons ainsi à environ 650 km. Si nous achetons chacun 10 litres d’essence à Quetena Chico et que nous roulons calmement et de manière économique, le tour sera joué !

 

Le jeudi est le jour de marché hebdomadaire à Uyuni. Nous en profitons pour acheter beaucoup d’eau et des provisions pour notre expédition dans le Sud Lipez. Nous dépensons également quelques bolivianos dans des boutiques de souvenirs.

Nous sommes désormais fin prêts pour notre expédition. Nous avons un itinéraire GPS très précis, nos motos sont prêtes et nous avons suffisamment de nourriture et d’eau pour plusieurs jours.

 

Le 2 août, nous faisons le plein de nos motos et de nos jerricans à Uyuni. Nous sommes chargés comme des mulets.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous prenons la route tranquillement jusqu’à San Cristobal. La route est goudronnée ou en terre très dure, on se retient et on roule gentiment à 80 km/h. Dans une zone de travaux, Adrien fera une petite chute dans du sable. On repart. Arrivés à San Cristobal, nous nous arrêtons à la station-service. Le pompiste veut nous faire le prix international, Adrien tente de négocier à 5 BOB le litre. Il refuse et propose 7 BOB le litre. Le prix est exagéré, il va se mettre plus de 3 BOB par litre dans la poche. On accepte avec un sourire en coin. Il va être déçu, on a roulé moins de 100 km et en consommant le moins possible. Il parvient à peine à mettre 3 litres dans chaque moto et, comme prévu, il est déçu. Nous repartons en direction d’Alota, la route est toujours en parfait état. Nouvelle zone de chantier, nouvelle chute pour Adrien qui a voulu éviter des cônes de signalisation et a terminé dans du sable profond.

 

Arrivés à la Valle Las Rocas, nous nous arrêtons pour pique-niquer au milieu de très gros rochers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le paysage est très beau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous reprenons la piste principale sur quelques kilomètres puis nous la quittons pour rejoindre une autre piste descendant plein Sud. Cet itinéraire nous permet d’éviter une zone très défoncée déconseillée par les Zurichois en bus Mercedes. La piste est creusée par le passage des véhicules, nouvelle petite chute pour Adrien qui est monté sur le rebord de la piste.

 

Le paysage est sublime, nous passons à proximité d’un petit lac salé surplombé par une énorme montagne de pierres rouges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus loin, la piste se divise en 5 traces de 4x4. Nous en choisissons une, roulons prudemment dans les ornières. Après quelques kilomètres, les pistes se rejoignent pour n’en former plus qu’une. Nous roulons dans l’une des deux profondes ornières creusées par les véhicules.

 

Dans une légère descente, Estelle perd l’équilibre et monte sur le rebord droit de la piste. Immédiatement, la moto penche et retourne s’encastrer contre le rebord du milieu de la piste. Nouvelle embardée violente face au talus à droite, elle ne maitrise plus rien et la moto se couche à environ 45 km/h. Elles glissent sur plusieurs mètres, Estelle ne lâche pas le guidon. A l’arrêt, elle se relève péniblement, forte douleur à la cuisse droite. Adrien n’a rien vu, il roule devant et évite de quitter la piste du regard pour ne pas chuter.

 

Estelle, elle, a déjà compris que l’expédition « Sud Lipez » se terminait ici. Toute la partie avant de la moto est en miette. La bulle, l’ordinateur de bord et le phare avant ne tiennent plus que par les câbles. Le plastique a cassé à de nombreux endroits. Pire, le bocal de liquide de frein avant a explosé. Le clignotant est cassé, le guidon est tordu, la fixation du protège-main est cassée, la vitre du compte-tour a explosé, la valise latérale et sa barre de support sont tordues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant qu’Adrien ne s’aperçoive de son absence et fasse demi-tour, deux 4x4 s’arrêtent derrière Estelle. Ils l’aident à relever la moto.

Adrien arrive. Le constat est sans appel, on doit retourner à Uyuni. Sans frein avant, impossible de continuer sur des pistes en mauvais état. Les chauffeurs des 4x4 nous aident à faire demi-tour puis ils repartent. Selon eux, l’état de la piste se dégrade ensuite et le sable fait son apparition.

Nous utilisons 2 litres d’eau pour rincer la moto et éviter que le liquide de frein ne ronge toute la carrosserie. On débranche ensuite les câbles et on retire toute la partie avant de la moto. Nous vidons une partie de l’essence d’un jerrican dans les motos pour enlever un peu de poids puis nous fixons l’avant de la GS d’Estelle sur la moto d’Adrien. Nous utilisons ensuite du scotch pour maintenir les parties mobiles en place et nous colmatons les câbles électriques pour éviter que la poussière n'y pénètre.

 

C’est parti pour plus de 150 km avec le guidon tordu et sans frein avant. Sport. Une fois la route en bon état rejointe, nous accélérons mais roulons tout même très prudemment. Il est impossible de faire un freinage d’urgence, nous anticipons donc au maximum….. Les moutons et les lamas qui traversent la piste nous rendent méfiants.

 

En plus de 2h de route, Estelle a eu le temps de cogiter. Sur le moment, elle a hésité à sortir un briquet et à utiliser les 10 litres d’essence du jerrican pour faire flamber sa moto. Puis, elle a regretté de ne pas s’être cassé la jambe. Avec l’aide de la Rega, elle serait rentrée à la maison et n’aurait plus eu à supporter toutes ces mésaventures. Finalement, elle a relativisé et a conclu que cela faisait partie de l’aventure. Cependant, après tant de préparatifs pour découvrir le Sud Lipez, un itinéraire bien préparé et une conduite très raisonnable, la sentence reste trop sévère à ses yeux.

 

Nous atteignons Uyuni en fin de journée. Nous choisissons un autre hôtel, le Tonito est trop cher et nous souhaitons économiser pour parer aux frais de réparation de la moto. Nous logeons à l’Hostal Liliana.

 

Pendant qu’Estelle amène nos affaires dans la chambre, Adrien repart avec l’épave de GS pour trouver un garagiste. Il reviendra une heure plus tard avec une nouvelle poignée de frein complète (maître-cylindre et levier), de marque chinoise. Le bocal de liquide de frein est une pièce BMW, impossible à trouver en Bolivie. Il en a profité pour prendre rendez-vous chez le garagiste pour le montage de la poignée de frein et chez le carrossier pour la réparation de tout le carénage.

La journée de demain sera donc consacrée à remettre sur pied l’épave blanche qui est parquée dans la cour intérieure de l’Hostal.

 

Samedi, Adrien rejoint le garage à 9h pour le montage de la nouvelle poignée de frein. Il se rend ensuite à la carrosserie pour la réparation du carénage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La journée entière sera nécessaire pour ressouder le plastique en le fondant (ajustement des pièces face à face), visser des plaques en métal pour renforcer le carénage et enfin appliquer de la fibre de verre pour renforcer le tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit coup de peinture blanche pour cacher grossièrement les soudures et Adrien sera de retour à l’hôtel à 18h.

 

Durant la journée, Estelle a rédigé un nouveau carnet de route. Elle a également fait de nombreuses recherches sur les tours en 4x4 avec guide dans le Sud Lipez. Après discussion, nous décidons de partir demain pour Tupiza, à 200 km. Nous réserverons ensuite un tour auprès d’une agence locale, ce qui nous permettra d’éviter les hordes de touristes qui partent tous en même temps d’Uyuni.

 

Nous décidons, à regret, de ne pas tenter à nouveau l’expérience en moto. Il nous est déjà arrivé suffisamment de mésaventures. Nous préférons préserver nos motos, en espérant qu’elles survivent durant les 5 prochains mois.

 

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Un cactus avec des bras ?

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Muchas gracias Ausberto !!

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