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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

Amazonie

Dimanche 21 août 2016, nous cachons nos motos sous une bâche (utilisée habituellement sous notre tente). Elles sont parquées dans la cour intérieure de l’hôtel, mais trop facilement visible à travers le portail d’accès.

Nous rejoignons l’agence Mashaquipe puis nous traversons la ville à pied en direction du fleuve Beni. Il pleut des cordes. Nous nous arrêtons en chemin pour acheter des ponchos étanches. Nous embarquons ensuite sur une pirogue. Installés sur des sièges rembourrés et protégés par un toit, nous remontons le fleuve Beni pour nous enfoncer dans la jungle et atteindre le parc national Madidi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après 2h30 de navigation sous une pluie battante, nous atteignons le lodge, niché au cœur de la jungle. Nous logeons dans une maison traditionnelle, au toit en feuilles de palmier. Tous les murs sont en bois et à mi-hauteur, de larges moustiquaires permettent l’accès de la lumière. Nous mangeons avec Roberto, notre guide, et les autres touristes dans le réfectoire. La pluie cesse enfin.

 

Après le repas, nous nous baladons tous les deux sur un petit sentier qui serpente au milieu de cette épaisse végétation. Nous découvrirons quelques insectes et une multitude de plantes. Soudain, un bruit perce la forêt. Devant nous, un troupeau de cochons sauvages traverse le sentier en courant ! Ils sont une bonne dizaine et courent à toute vitesse ! Waouh !

 

Nous retournons ensuite au camp pour partir en exploration avec Roberto et Chris, un touriste anglais. Roberto est issu d’une tribu indigène, les Takana. Sa famille vit à 2 jours de bateau de Rurrenabaque, dans la jungle, sans électricité ni eau courante. Durant 3h, nous parcourons plus de 10 km dans la jungle. Il nous fait découvrir de nombreux animaux. Grâce à plusieurs cris et sifflements, il répond aux animaux et cela lui permet de déterminer leur emplacement. Nous pouvons ensuite nous déplacer très silencieusement pour les approcher.

Nous apprenons également l’utilité traditionnelle des végétaux. Soin des maladies, usage alimentaire, matériaux de construction….. La forêt recèle de trésors.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignons ensuite le camp pour le souper, en partie constitué de plats locaux : manioc, viande séchée régionale, jus de fruits frais. Excellent !

 

Il fait désormais nuit, nous nous enfonçons à nouveau tous les 4 dans la forêt pour découvrir les animaux nocturnes grâces à nos lampes de poche ! Dans les faisceaux de lumière, nous découvrons des araignées (Estelle ne regardera pas), des insectes, des papillons de nuit et deux opossums. Soudain, un bruit étrange émane de la forêt…. Sorte de grondement…. Le guide nous dit d’éteindre les lumières. Il émet un cri profond à son tour et nous informe qu’il y a un jaguar dans le secteur. Nous attendons en silence….. nouveau cri sourd provenant de la forêt, accompagné de quelques ricanements….. nouveau cri de Roberto….. nous gloussons…. C’est désormais certain : il y a un autre groupe de touristes à proximité ! Nous rallumons nos lampes et nous nous rejoignons. Nos guides sont hilares, tout le monde y a cru quelques secondes ! Pas de jaguar en vue pour cette fois ! Par contre, on a bien ri !

 

Nous passons une nuit très tranquille, protégé des moustiques voraces par la moustiquaire suspendue au-dessus de notre lit !

Le lendemain, nous dégustons un nouveau produit local pour déjeuner : le yuca frit (variante de préparation du manioc) ! Le buffet est bien garni, tout est excellent !

 

Nous embarquons ensuite sur une pirogue plus sommaire (pas de toit et bancs en bois) pour remonter le Rio Tuichi durant une heure. Malgré les apparences, le niveau de l’eau est très bas. Le guide et l’aide du piroguier doivent parfois pousser la pirogue pour franchir les endroits les moins profonds. L’hélice du moteur risque de se briser en touchant le fond.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous débarquons et marchons jusqu’à une falaise, habitat de nombreux perroquets.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En chemin, nous croisons quelques singes.

De retour sur la plage, nous décidons à l’unanimité de rentrer en radeau ! Nous rassemblons donc 8 troncs de balsa (déjà prêts !), deux branches solides et deux cordes !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En suivant les explications de Roberto, nous assemblons le tout pour former un super radeau ! Equipé d’une rame et d’une longue perche, nous partons tous les 4 à l’assaut de fleuve (équipés de gilets de sauvetage, c’est plus prudent).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les sensations sont géniales, le radeau est très stable et nous nous relayons pour pagayer. Grâce à la maitrise de Roberto, nous évitons des troncs à demi-immergés et contournons de gros rochers. Arrivé à une zone de rapides (petits mais quand même), le radeau tient bon, les vagues nous submergent jusqu’au ventre mais nous passons !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous croisons quelques pirogues de touristes ébahis, on se marre à voir leurs têtes ! Nous atteignons finalement le camp, trempés mais ravis !

 

Après une douche froide, nous dînons puis Estelle se repose dans un hamac alors qu’Adrien part à la chasse-photo aux papillons. Il trouve de très beaux spécimens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous partons ensuite avec Roberto et un piroguier (Chris a terminé son tour dans la jungle) en direction de la plage. Nous embarquons sur une pirogue basique, sans moteur, pour traverser le fleuve. Le piroguier manœuvre grâce à une grande perche, qu’il plante au fond du fleuve pour nous diriger. Nous débarquons tous les 4 et marchons durant 20 minutes à travers la végétation. Nous atteignons ensuite le camp d’une famille (absente à ce moment-là) qui cultive la terre et vend ses produits au marché de Rurrenabaque. Nous découvrons les plantations de bananes, de manioc, de piments, des citronniers et, ce pour quoi nous sommes venus, la canne à sucre.

 

Grâce à une machette, nous coupons 5 cannes, sélectionnées par Roberto.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il retire ensuite l’écorce et coupe plusieurs morceaux (toujours à la machette). Nous goûtons : délicieux ! Dès que la canne est mastiquée, un jus sucré s’écoule ! Miam ! Nous nous resservons plusieurs fois. Nous transportons ensuite les cannes jusqu’au camp sommaire de la famille. Ils possèdent un pressoir artisanal. Adrien insère la première canne, Roberto et le piroguier tournent pour enclencher le mécanisme de pressage. Après un demi-tour, ils s’arrêtent nets, morts de rire ! Ils ont oublié de placer un récipient pour récolter le jus, tout s’écoule par terre !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un pot est placé sous le tuyau de sortie et ils reprennent leur place. Après trois cannes, le pot de 5 litres est plein à ras-bord !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jus est versé dans 4 verres. Nous goûtons, c’est sucré mais très amer. Roberto nous conseille d’ajouter le jus d’un demi citron dans chaque verre ! Excellent ! Une limonade 100% bio !! Nous nous régalons !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous apprenons ensuite que les cultivateurs font bouillir le jus pour obtenir le sucre brun, qu’ils vendent au marché ! Nous sommes enchantés de cette expérience, qui nous a permis de découvrir les plantes et les produits locaux ! Nous aurions pu nous amuser tout l’après-midi à presser du jus de canne ! Une dernière limonade et nous reprenons le sentier en direction du fleuve ! Nous le traversons ensuite en sens inverse et rejoignons le camp pour souper !

 

Le mardi, nous déjeunons à 6h puis embarquons à 7h pour rejoindre Rurrenabaque. La jungle est plongée dans le brouillard, la visibilité est presque nulle. L’ambiance est incroyable, quasi irréelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’humidité a rafraichi la température, il fait froid. Peu à peu, le brouillard se dissipe et le soleil se dévoile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1h, nous atteignons Rurrenabaque. Nous rejoignons l’agence puis montons dans un monospace pour rejoindre Santa Rosa, à 96 km. La piste est défoncée, nous sommes secoués dans tous les sens durant 2h. En chemin, nous faisons quelques arrêts pour observer des paresseux et un nandou (autruche sud-américaine).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivés au Rio Yacuma, nous montons dans une pirogue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rio est beaucoup plus petit que le fleuve Beni et les rives débordent d’animaux sauvages. Nous observons un nombre incroyable d’alligators, de tortues et d’oiseaux durant les 15 minutes de navigation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivés au lodge, nous prenons possession de notre chambre, spacieuse et avec salle de bain privée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous dînons puis nous partons à la découverte du parc national Rio Yacuma en compagnie de Domingo, notre guide et de deux touristes Bretons. Depuis notre pirogue, nous observons une faune très nombreuse : des alligators (env. 2 mètres de long) par centaines

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 des tortues

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 des capybaras (plus gros rongeur au monde)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 des oiseaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un très gros iguane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 des singes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 et mêmes quelques rares et féroces caïmans noirs (4 à 5 mètres de long).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons aussi la chance de débusquer des dauphins roses, très rares à cette saison.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les flashs crépitent, les photos s’enchaînent par centaines ! Nous en prenons pleins les yeux ! Nous prenons le chemin du retour alors que la nuit commence à tomber. Nous balayons les rives et la surface de l’eau avec nos lampes de poche. Partout, des yeux rouges nous guettent… les alligators se préparent à leur chasse nocturne…. Personne n’a envie de tremper le doigt dans l’eau brunâtre ! Le ciel est totalement noir, l’ambiance est flippante, entourés de tous ces yeux (et surtout de toutes les dents que nous imaginons en dessous !). Nous rejoignons le lodge sains et saufs et profitons d’un excellent souper !

 

La nuit sera rythmée par les hurlements des singes, bien décidés à se menacer d’une tribu à l’autre et à défendre leur territoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous entendons également de violents mouvements dans l’eau, plusieurs alligators ont obtenu leur repas d’un coup de mâchoires !

 

Le lendemain, nous enfilons des bottes en caoutchouc et partons à la recherche de l’anaconda. Le plus gros serpent du monde peuple un marécage voisin ! Après quelques kilomètres en pirogue, nous atteignons le plan d’eau.

 

Equipé d’un bâton, nous formons une ligne pour couvrir un maximum de terrain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos bottes s’enfoncent dans l’eau boueuse jusqu’aux chevilles, les herbes atteignent le haut de nos cuisses…. Nous scrutons notre secteur respectif et avançons prudemment. Les herbes bougent, balayées par quelques faibles rafales de vent.

 

Nous continuons notre marche. Parfois, une herbe bouge plus violemment, déplacé par une grosse sauterelle….. Domingo attire notre attention. Il a trouvé une grosse tortue. Nous poursuivons nos recherches et observons au loin le centre du marécage où l’eau s’est accumulée pour former un grand étang…. Un gros caïman noir nous guette….

 

Nous continuons, attentifs au moindre mouvement dans l’eau…. A quelques dizaines de mètres, l’herbe remue fortement…. Nous stoppons net…. C’est un capybara qui se promène, camouflé par l’épaisse végétation…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aucun serpent en vue…. Le soleil tape fort, il fait très chaud…. Toujours en ligne, nous continuons à avancer, en restant à bonne distance de l’étang mal famé….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avançons toujours péniblement, nos bottes s’enfonçant parfois profondément dans le marécage…. Les hautes herbes masquent le sol, impossible de savoir sur quoi nous posons les pieds !

 

Soudain, notre ami breton interpelle Domingo : y’a un truc là !

 

Tout le monde se fige. L’herbe est immobile au bout de son bâton, qu’a-t-il trouvé ? Le guide s’approche prudemment…. Déplace quelques herbes…… et découvre un anaconda !!!!! Dingue !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On en a trouvé un ! Il mesure environ 2 mètres, ce qui est une taille standard dans la région (les plus gros spécimens au monde font plus de 8 mètres !). Nous nous rassemblons pour l’observer, il n’est pas agressif. Incroyable !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous le laissons s’enfoncer dans le marécage puis repartons en sens inverse ! Tout le monde est complètement surpris de cette découverte rare ! Quelle chance !

 

En chemin, Domingo découvre une flaque peuplée de bébés caïmans ! Ils sont très nombreux ! Mais où est la mère ? Nous nous rassemblons tous au bord de la flaque pour faire des photos. Les hautes herbes masquent toujours les environs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soudain, de grosses bulles se forment à la surface et un très vilain sifflement retentit !! La mère est juste là et semble très agressive ! Nous filons en vitesse !

 

Nous rejoignons la pirogue et avons encore la chance de découvrir deux énormes caïmans sur le chemin du retour.

 

Nous dînons au lodge puis ré-embarquons avec Roberto pour rejoindre le monospace et retourner à Rurrenabaque. Après deux heures de piste toujours aussi cahoteuse, nous arrivons !

 

Nous sommes enchantés de ce séjour de 4 jours/3 nuits qui nous a permis de combiner la découverte de la jungle et de la pampa. Nous n’avons que des points positifs à lister concernant l’agence Mashaquipe, ses guides, ses lodges et son organisation. Nous recommandons vivement cette agence qui travaille en collaboration avec les indigènes et emploie du personnel local !

 

Ce fut une expérience incroyable et très enrichissante ! TOP !!

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