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....6 mois de voyage à moto en Amé​rique du Sud....

Bolivia te espera

Samedi 13 août 2016, nous rejoignons le poste frontière chilien de Chungarà après une nuit plus qu’expérimentale.

 

Au poste de douane, nos passeports sont tamponnés et le PDI est récupéré par le douanier. Dans le second bureau, le document d’importation temporaire des motos est également récupéré. En 30 minutes, tout est réglé !

 

Nous enfourchons nos motos pour quelques kilomètres afin de rejoindre le poste frontière bolivien de Tambo Quemado. Nous en sommes au point 3 de la feuille de route donnée par la douane chilienne. Nous trouvons le bureau de l’immigration où nous remplissons un grand formulaire avec toutes les données de nos passeports. Nos passeports sont tamponnés, nous obtenons un nouveau ticket d’entrée pour le pays.

Le point 4 concerne ensuite le bureau de SENASAG (késako ?). L’agent nous demande si c’est pour les 2 motos (apparemment nous sommes bien enregistrés dans le système informatique), et hop, un tampon de plus sur la feuille de route.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivés au point 5, douane nationale de Bolivie, cela se complique. Les démarches concernent à présent les motos. L’agent de ce bureau nous demande une photocopie contenant le passeport et la carte grise sur la même feuille (donc une photocopie pour Adrien + sa GS et idem pour Estelle). Il y a une grosse photocopieuse à 50 centimètres de son bureau, mais il ne peut pas l’utiliser…. Adrien doit donc prendre sa moto, passer la douane géographique et rejoindre le village attenant pour trouver une photocopieuse. Il trouve un peu par hasard un bureau d’entreprise et demande une photocopie. Le type lui demande 1 boliviano (15 centimes CHF), que nous n’avons pas puisque nous ne sommes pas encore passés par le bureau de change. Il veut donc 2000 pesos chiliens (3,30 CHF). Adrien estime le prix trop cher et ment en prétextant ne pas avoir autant. Le prix passe donc soudainement à zéro. Photocopies faites !

 

De retour au bureau du point 5, il faut à nouveau remplir deux formulaires avec toutes les données de nos motos. Nouvelle attente dans la file, cela ne va pas, le formulaire doit être entré dans le système informatique dans l’autre bureau. Autre bureau qui se situe à nouveau dans le village, donc nouveau passage par la douane géographique. Après quelques recherches auprès de camionneurs, Adrien trouve un container-bureau. A l’intérieur, un poste informatique de geek (souris et clavier tunnés) et un homme sans uniforme officiel. Ce dernier insère nos données dans le système et demande 30 bolivianos par moto (prix officiel et attendu). Rien de nouveau, nous n’avons toujours pas de bolivianos.  Adrien paiera donc 3’000 pesos chiliens par moto (cours de change correct). Nouveau retour au bureau 5, nouvelle file d’attente. L’agent sort soudain de son bureau, vient au milieu de la file et demande à voir les numéros de châssis de nos motos (on n’est pas les premiers de la file, donc ce n’est pas notre tour…. Ou bien ?).

 

Après ce contrôle, retour dans la file et nouvelle attente. Estelle commence à perdre patience, un paquet de cookies dévoré en 5 minutes en fera les frais…… Adrien reste étonnamment calme. Nous voilà les premiers de la file, toutes nos feuilles sont contrôlées, les photocopies sont gardées et nous obtenons 60 jours (avons demandé 45) d’importation temporaire dans le pays ! Point 5 tamponné !!!! Enfin ! Nous remontons sur nos motos pour le point 6, qui est la douane géographique que nous avons déjà passée 3 fois ! Le douanier nous fait signe de passer, nous continuons 200 mètres avant de nous arrêter. Par acquis de conscience, Adrien revient sur ses pas pour demander à quoi correspond le point 6. Nouveau bureau, nouvel agent des douanes et nouveau tampon sur le point 6. La feuille de route est ensuite donnée dans le bureau de l’autre côté de la route ! Temps écoulé : 2h !

 

Nous ne voulons décourager personne, mais sans de bonnes connaissances d’espagnol, il faut sacrément s’accrocher pour y comprendre quelque chose. Durant toute la procédure, nous n’avons pas cessé de faire des allers-retours pour surveiller nos motos. Nous avons également systématiquement demandé de l’aide dans chaque file d’attente et pour trouver chaque bureau (non, ils ne sont pas numérotés et encore moins disposés dans un ordre logique !). Bon courage et surtout, n’oubliez pas le paquet de cookies, ça détend ! Plus que 7 frontières à passer…..

 

Dans le village frontière, nouvelle recherche pour trouver un bureau de change. Nous échangeons 300'000 pesos chiliens pour 3’000 bolivianos (le cours officiel est à 106, nous acceptons, cela reste dans le limite que nous nous étions fixés).

 

Nous nous dirigeons ensuite vers une station essence. Jusqu’ici, tous les échos concernant la vente d’essence en Bolivie n’étaient vraiment pas bons (pas de vente aux étrangers, refus de remplir des jerricans, prix exagérés). Le prix affiché est de 3,75 BOB le litre. Le pompiste nous dit que le prix pour les étrangers est de 9 BOB. Mais il doit d’abord demander à son chef s’il peut nous la vendre à 7 BOL. Le chef en question nous demande combien de litres nous voulons (15 mais le plein complet serait mieux). Il décide de nous vendre son essence à 5 BOB et de nous fait le plein complet sans faire de facture. Il nous demande de ne pas dire qu’il nous a vendu l’essence à ce prix (ça magouille grave par ici !). Nous avons le plein, nous sommes contents. Il s’est mis 1.25 BOB par litre dans la poche, il est content. Par contre, aucune indication sur la qualité de l’essence……

 

Nous reprenons la route en direction du parc National Sajama. 100 mètres avant l’entrée du parc, des outils volent au milieu de la piste. Le tool tube (tube en plastique contenant des outils) d’Adrien vient de péter, le bouchon s’est dévissé, les outils sont répartis sur le sable. On ramasse et on repart. Nous payons l’entrée du parc (100 BOB/pers) et rejoignons l’Hostal Oasis. Nos motos dormiront dans le couloir carrelé devant la réception.

Pour souper, nous nous rendons dans une maison typique du village qui fait office de magasin alimentaire, de magasin de souvenirs, d’hostal et de restaurant. Nous mangeons une soupe de quinoa (plat typique de l’Altiplano bolivien) puis un plat de riz avec un œuf et des carottes (à Jeannette : on mange des légumes tu vois !). Le tout pour 4 CHF !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour à l’Hostal, le froid est glacial. Nous sommes à présent à 4'250 mètres. L’isolation est totalement inexistante et malgré les 5 couches de couvertures (oui, oui  5 !!) nous dormons avec nos habits thermiques, nos chaussettes et nos bonnets.

 

Le lendemain, Adrien répare son tool tube avec des colliers colsons, la plastique ayant cassé net. Espérons que cela tienne. Bonne nouvelle, nous n’avons perdu aucun outil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous prenons ensuite nos motos pour visiter le parc. Un champ de geysers nous attend à quelques kilomètres. La piste est bloquée par un gué profond. Nous sommes en baskets (pas envie de mettre les bottes de cross pour faire 8 km). L’eau est trouble, le courant assez fort, on ne tente pas le diable. Nous nous dirigeons donc vers notre deuxième destination, les bains thermaux ! Nous laissons nos motos au parking et après la traversée de la rivière sur un pont plutôt dégarni, nous atteignons les bains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chauffée par les volcans, l’eau est à très bonne température. Nous trempouillons ainsi plusieurs heures avec une superbe vue sur le volcan Sajama (6’542 m), plus haut sommet de Bolivie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour au parking, nous croisons un alpaga plutôt curieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit à l’hostal sera à nouveau glaciale, habits thermiques, chaussettes et bonnets au rendez-vous (adieu le romantisme !).

 

Lundi, nous quittons l’hostal et traversons le parc national. La route contourne le volcan Sajama, traverse de superbes paysages et rejoins enfin la route goudronnée menant à La Paz (la capitale). La route est en excellent état, les paysages incroyables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous atteignons rapidement El Alto, ville collée à la capitale. Le trafic est intense, les conducteurs boliviens roulent n’importe comment. Ça dépasse dans tous les sens, ça klaxonne en permanence, aucun règle n’existe pour l’utilisation des clignotants, les feux de signalisation sont ignorés…. Stressant. La route est ensuite coupée pour cause de manifestation. Nous prenons une rue parallèle en terre, tournons dans tous les sens, faisons demi-tour car un énorme tas de terre bloque le passage, utilisons les trottoirs et les passages réservés aux piétons….. On est presque perdu (à tel point qu’on a hésité à ouvrir l’enveloppe de la famille Singelé – enveloppe de secours à ouvrir seulement si l’on est perdu). Pour preuve, voici un plan de ville (inutile de préciser que de nombreuses rues sont coupées ou à sens unique). Zoomez un peu pour voir…..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après des kilomètres à tourner dans les dédales de la ville, nous retrouvons la route principale. Elle est désormais fermée pour cause de travaux ! GRRRRR. L’ouvrier nous ouvre le passage, à moto ça passe. Nous zigzaguons entre les trous et les engins de chantier et sortons de cet enfer. 100 km de route nous attendent pour rejoindre le ferry qui nous fera traverser le lac Titicaca. Ici aussi, tout est en travaux. Chaque 10 km environ, la route est déviée via une  piste défoncée. En Bolivie, tout est en travaux mais absolument rien ne semble terminé. 40 km avant le ferry, Adrien ressent de drôles de vibrations. Diagnostic : crevaison du pneu arrière. Nous retirons le vilain clou planté dans le pneu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis utilisation du spray magique acheté à Calama. Ce spray regonfle le pneu et dépose un liquide blanc dans la chambre à air, qui bouche ensuite le trou causé par le clou. On vide le spray, on tourne la roue pour bien répartir le produit et c’est reparti !

 

Nous atteignons enfin San Pablo de Tiquina, départ du ferry pour San Pedro de Tiquina. Notre destination, Copacabana n’est pas située sur une île. Mais pour rejoindre cette ville par la terre, il faut passer par le Pérou voisin. Ce sera donc ferry pour éviter un passage de douane. Nous chargeons nos motos sur le bateau, pas rassurés du tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le plancher est loin d’être complet et on distingue très nettement des infiltrations d’eau. Le vent souffle, le bateau tangue. Nous tenons nos motos, elles risquent de basculer à tout moment (y’a pas de sangles pour les attacher, trop facile sinon !).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignons la rive opposée en 15 minutes, puis déchargeons nos motos en marche arrière, en prenant garde à ne pas basculer entre deux planches instables ! 20 BOB par moto pour cette expérience ! Il nous reste 40 km à parcourir pour rejoindre Copacabana !

Nous logeons à l’Hotel Utama. Nos motos sont parquées dans le jardin, derrière un solide portail. Grande chambre avec un lit simple et un lit double ! Eau chaude et chauffage ! Le luxe !

 

Le 16 août, journée lessive et mécanique. Pendant qu’Estelle frotte et shampooine (bon, c’est triché, elle a donné la majorité des habits au service de buanderie de l’hôtel), Adrien démonte sa roue arrière. Il tente ensuite de déjanter le pneu. Avec les démonte-pneus, dans tous les sens, en sautant dessus, à deux pour faire du poids, rien n’y fait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Heidenau sont ultra durs (pas pour rien qu’ils tiennent la distance), impossible à démonter. Il charge donc sa roue arrière sur la moto d’Estelle et se rend en ville pour trouver un atelier de mécanique. Après 30 minutes, le voilà de retour ! C’est fait ! Il a trouvé un atelier minuscule, équipé de deux compresseurs et de deux machines pour la réparation des pneus et des chambres à air. A l’aide d’une très longue barre, le bras de levier est suffisant pour déjanter le pneu ! Mise en place de notre chambre à air neuve (celle qui n’a pas fondu sur le pot) et remontage du pneu. Le mécano répare également la chambre à air en thermo-collant un morceau de caoutchouc adapté. Coût : 40 BOB (6 CHF, on ne verrait pas ça chez BMW Suisse !).

 

Nous dînons ensuite mexicain puis nous nous baladons en ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous ne souhaitons pas visiter l’Isla del Sol, attraction beaucoup trop touristique de la région. De retour à l’hôtel, nous tentons de publier les 2 carnets de route en attente….. le wifi est incroyable pourri (connexion « médiocre » selon le PC). Chaque ajout prend un temps fou…. Puis tout à coup, cela s’accélère ! Nous parvenons à publier les 2 carnets ! Youpi !

 

Le lendemain, nous quittons Copacabana et suivons les rives du lac Titicaca.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignons ensuite San Pedro de Tiquina pour une nouvelle traversée du lac en ferry. Toujours aussi scabreux !

Notre destination du jour est Coroico, nous devons donc traverser El Alto et La Paz. Cela s’annonce pénible. Arrivés à El Alto, nouvelle technique : nous suivons les camions et les bus dans les zones de travaux, ce qui nous évite de nous perdre, mais pas de bouffer de la poussière ! Dans plusieurs rues, nous rencontrons d’énormes dos d’ânes en terre. Le minibus devant Adrien ne prend pas assez d’élan et décide donc de reculer. Adrien klaxonne pour signaler sa présence. Il continue de reculer. Nouveau klaxons de nos deux motos. Il continue de reculer. Cris, klaxons. Il recule encore et finit par toucher la roue avant d’Adrien, qui parvient à garder l’équilibre et se laisse pousser en marche arrière. Le minibus repart, nous le dépassons. Colère, insultes et gestes déplacés (c’est joliment écrit, on vous laisse imaginer les paroles très délicates de ce moment). Le chauffeur ne pige rien, il n’a rien remarqué (évidemment, puisqu’il ne sait pas utiliser ses rétroviseurs !!).

 

Nous retombons enfin sur la route principale goudronnée. La moto d’Estelle cafouille, ne donne plus de puissance, perd les gaz puis reprend. Oulà, on a un souci. Nous atteignons une station-service. Il nous faudra attendre 30 minutes pour avoir le plein. La pompiste nous fait le prix international (8,75 BOB), mais elle doit auparavant remplir une facture avec le numéro de passeport, le numéro de plaque et elle perd un temps fou car elle ne comprend pas que le code pour Suiza soit CH. C’est comme ça !! Pose pas de question et remplis ton formulaire informatique ! Il faut ensuite refaire le même cirque pour la deuxième moto ! On comprend désormais mieux pourquoi les autres pompistes bidouillent et nous font le plein « sin factura ».

On repart, la moto d’Estelle va mieux (problème de qualité d’essence mal géré par l’injection ? Eau dans le réservoir ? Est-ce que le fait de l’éteindre et la rallumer suffit ?). Nous nous engageons à nouveau dans le trafic, zigzaguons entre les minibus. Il n’y a pas d’arrêt officiel, il suffit de héler le chauffeur pour qu’il s’arrête n’ importe où et n’importe comment. L’usage des clignotants n’est pas de rigueur. Nous trouvons par hasard un magasin de motos. 165 BOB de dépensés et nous repartons avec une nouvelle chambre à air arrière, un spray pour colmater les fuites (crevaison) et de la graisse pour chaîne.

 

Nous arrivons ensuite à la Paz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On nous fait signe de passer au péage (gratuit pour les étrangers ?) et nous nous lançons sur l’autoroute, limitée à 50 km/h. Nous la quittons ensuite pour sortir de la ville via des rues encombrées et désordonnées. Deux heures après notre entrée à El Alto, nous quittons enfin la ville. Estelle est complètement sur les nerfs, elle déteste rouler en ville, surtout dans ces conditions périlleuses. Arrêt popcorn à un col à 4'500m pour se détendre (si elle mange autant chaque fois qu’elle est stressée, vous allez la retrouver obèse !).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fait 9°C, nous descendons le col pour rejoindre Coroico à 1’750m. La végétation apparaît progressivement pour finalement former une jungle verdoyante. Nous arrivons à 17h, il fait 32°C. Nous avons nos habits thermiques, nous sommes au bord du malaise tant la différence de climat est violente en 100 km et 1h30 de route !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous logeons à l’Hôtel Sol Y Luna.

 

 

 

 

Jeudi matin, nous marchons durant 25 minutes pour rejoindre la ville et déjeuner (les prix au restaurant de l’hôtel sont prohibitifs). Nous faisons ensuite quelques courses puis remontons à l’hôtel pour nettoyer les filtres à air de nos motos. Après 5'000 km, c’est devenu plus que nécessaire. Le filtre d’Estelle est dans un état déplorable (elle roule le plus souvent derrière et ramasse donc plus de poussière).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une nuit très calme dans la jungle, nous partons de bonne heure (8h) pour rejoindre Rurrenabaque, ville permettant l’accès au bassin amazonien. Nous avons 300 km à parcourir. Nous quittons Coroico et grosse frayeur dans un virage ! Un camion roule en sens inverse ! Adrien l’évite de justesse. Un deuxième surgit, également en sens inverse ! Nouvel écart ! Vient un troisième ! Mais c’est quoi ce bordel ???? Une voiture surgit à son tour, toujours en sens inverse. Adrien fait demi-tour et la rattrape. Le chauffeur s’arrête et hurle : izquierda, izquierda, izquierda ! (gauche !!). Quoi izquierda ! On roule à gauche sur cette route ! Mais PUT***, c’est écrit où ? Nous repartons le cœur battant, anticipant chaque virage…. Et effectivement, tout le monde roule à gauche…. Bon…

 

La route est en chantier et suis le cours d’une rivière. Certains tronçons sont à pic et très étroits, impossible de croiser. Nous roulons prudemment. Après 70 km, nous dépassons la ville de Caranavi, faisons le plein et sommes stoppés. Des travaux bloquent la route de 7h à 17h. De 7h à 17h !!!!! Mais ça va pas bien le chalet dans ce pays ?? Et aucune déviation ! Nous sommes dégoûtés, il est 10h30. Il nous reste 230 km et la nuit tombe à 19h. Les travaux ont débutés il y a un mois et vont durer de 2 à 3 ans. La route est bloquée du lundi au samedi, de 7h à 17h. Incroyable !

 

Nous glandons royalement toute la journée, en regardant le ciel se couvrir dangereusement. A 16h40, on nous fait signe de passer et d’attendre le déblayement de la piste pour avancer. Nous faisons quelques kilomètres et sommes stoppés par trois engins de chantier. La piste est complètement coupée, même les piétons ne passent pas !

 

A 17h, la route est plus ou moins dégagée et c’est le début du forcing. Tout le monde veut passer en même temps, un sacré bordel de chauffeurs pressés se crée. Nous fonçons ! Le calcul est vite fait ! Il reste 230 km, seuls les 100 derniers sont goudronnés. Nous avons 2h avant la nuit pour faire 130 km de pistes plus ou moins accidentées. Moyenne à tenir : 65 km/h. Impossible. A nouveau, il faut rouler à gauche (on demande avant de se lancer maintenant). Les véhicules arrivant en sens inverse font systématiquement le forcing. Il est 18h, nous avons à peine parcouru 45 km. A 19h, il fait nuit noire, nous avons fait 80 km. Le ciel est zébré d’éclairs. La suite s’annonce encore plus pénible. Les camions arrivant en sens inverse nous noient dans un épais nuage de poussière, nous ne voyons plus rien. Les trous sont difficiles à distinguer, on évite plusieurs chute (Estelle fera le plus gros travers de sa vie dans du sable, rattrapé d’extrême justesse !). Après 100 km, bonheur ! Le goudron est déjà là ! La route virevolte, nous descendons encore et toujours pour rejoindre le bassin amazonien à 200m d’altitude.

 

Les éclairs nous permettent de distinguer le relief, pas de pluie pour le moment. Après 30 nouveaux kilomètres, la route se transforme en un ruban rectiligne jusqu’à Rurrenabaque. Gaz en grand (c’est limité à 80, nous sommes à 100-110 !!). Grands phares, nous roulons au milieu de la route. Nous évitons les motards locaux qui roulent sans lumière, les piétons et les chiens errants. Le ciel est toujours orageux, les éclairs deviennent plus intenses. A 20h30 il fait 29°C, nous atteignons Rurrenabaque et l’Hotel Los Tucanes de Rurre en évitant la pluie. La réception est ouverte et il y a de place pour parquer les motos dans la cour intérieure. OUFFF ! Nous sommes lessivés, les bras et le dos en compote. Une pizza et au lit !

 

A 3h du matin, une musique de fanfare s’élève de la rue….. Après vérification, il n’y a que 5 musiciens et 3 spectateurs attablés devant une boutique fermée…. Ils joueront 4 morceaux à la flûte, aux tambours et aux maracas puis s’en iront. Sympa la répèt’ au milieu de la nuit !

 

Le 20 août, la nuit a été réparatrice ! Un simple drap fin et un ventilateur nous ont suffi, la différence de climat est toujours aussi incroyable en si peu de temps. Arrivé dans la rue de jour, c’est la surprise : on a roulé beaucoup trop loin : nous voilà en Thaïlande !! Tout le monde est à moto (à 4 dessus c’est plus rigolo), ça klaxonne à tout va, les piétons traversent en courant, les motos à trois roues (tuk tuk bolivien !?) passent à toute allure, les taxis-scooter transportent des passagers. L’air est humide, le thermomètre dépasse les 30 °C. Quel changement !!

Nous rejoignons l’agence Mashaquipe pour réserver un tour guidé de 4 jours dans la jungle et la pampa. Nous dépensons 840 CHF, budget explosé ! Tant pis ! L’Amazonie ce n’est pas tous les jours non plus !

 

Nous nous baladons en ville et faisons les boutiques ! Un chapeau pour protéger la blonde tête d’Estelle, un passage chez le coiffeur pour Adrien et la découverte ultime dans un magasin d’alimentation ! Si toi aussi, quand tu étais petit, tu mangeais ça :

 

 

 

 

 

 

 

 

Miam, spéciale dédicace pour Noémie !

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous partons demain pour notre expédition dans la jungle.

 

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